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Manifestation d’étudiants en médecine !

L’État haitien traite la population comme des moins que rien. Ces dirigeants ne vivent que de mensonges, tandis que les grands magnats mènent une existence avide. Lorsqu’ils tombent malades, ils prennent l’avion pour Miami, les États-Unis, Cuba ou la République dominicaine. C’est dans ce

Manifestation d’étudiants en médecine !
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es étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie ont manifesté dans les rues avec une seule exigence : la réouverture de l'hôpital général.

L’État haitien traite la population comme des moins que rien. Ces dirigeants ne vivent que de mensonges, tandis que les grands magnats mènent une existence avide. Lorsqu’ils tombent malades, ils prennent l’avion pour Miami, les États-Unis, Cuba ou la République dominicaine. C’est dans ce contexte qu’en mars dernier, des étudiants en médecine se sont mobilisés en masse pour exiger que l’État corrompu ouvre le plus grand hôpital du pays, l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), communément appelé l’Hôpital général.

Pour calmer cette contestation, le ministre de la Santé publique et de la Population (MSPP) d’Haïti, le Dr Bertrand Sinal — en poste depuis le 24 janvier 2025 — avait donné raison aux manifestants, leur laissant croire qu’il répondrait à leurs revendications. Depuis lors, aucune information n’a filtré sur ce dossier ; les étudiants attendaient, mais aucune promesse n’a été tenue ni aucune action entreprise. Le ministre leur avait indiqué qu’un site situé à la rue Camille Léon était prévu pour la reprise des activités hospitalières. Les étudiants avaient toutefois suggéré aux autorités un site plus vaste, situé sur la route de Frères, estimant que cet espace répondrait mieux aux exigences et aux besoins de l’Hôpital général. Depuis, c’est le silence radio.

Arrivés à Musseau, les policiers ont dispersé les manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes.

Frustrés et indignés, les futurs médecins ont constaté, après plusieurs réunions avec le ministre, l’absence de résultats concrets. Selon eux, le ministre ne faisait que gagner du temps. Ils ont donc décidé de reprendre la mobilisation dans la rue.

C’est dans ce contexte que, le lundi 22 juin 2026, les étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie et de l’École de biologie médicale et d’optométrie de l’Université d’État d’Haïti (FMP/EBMO-UEH) ont manifesté dans les rues avec une seule exigence : la réouverture de l’hôpital.

Le bâtiment fermé et abandonné de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH)

Le rassemblement a débuté devant le rectorat de l’UEH, en direction de la résidence officielle du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, à Musseau (Delmas 60), pour réclamer la réouverture de l’Hôpital général. Les futurs médecins ont défilé avec des pancartes affichant diverses revendications, scandant des slogans tels que : « On ne peut pas renvoyer les pauvres vers des établissements privés ! » Nous ne pouvons plus attendre, l’hôpital doit ouvrir ! Il n’y a pas de peuple, sans la santé… L’hôpital général est l’hôpital du peuple !

L’un des médecins manifestants a fait savoir : « la fermeture de l’hôpital ne pénalise pas seulement les nombreuses personnes démunies des quartiers défavorisés, qui n’ont pas les moyens de se faire soigner ailleurs ; un autre aspect majeur est que les étudiants en médecine issus de quartiers populaires n’ont aucun autre hôpital dans la capitale leur offrant la possibilité de pratiquer. »

À ce sujet, un manifestant a déclaré sur le parcours du cortège : « Ce que nous réclamons à travers cette marche, c’est que l’État assume ses responsabilités et prenne les mesures nécessaires pour relancer les activités de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) dans un lieu approprié, afin que nous, étudiants, puissions effectuer nos stages et que les médecins résidents soient également en mesure d’offrir leurs services à la population haïtienne, qui souffre depuis des années. »

Un autre a souligné : « La fermeture de cet hôpital paralyse tout le système de santé du pays, car c’est le plus grand centre au service de la population ; c’est le centre de référence national. »

Nous demandons au gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de montrer, pour une fois, qu’il éprouve de la compassion pour les pauvres et de prouver que les intérêts de ces derniers comptent pour l’État haïtien.

Le moment le plus triste de cette journée de manifestation a été la réaction de la police haïtienne. Elle a clairement révélé son vrai visage : celui d’une force armée au service d’une classe bien définie. Une classe qui opprime les travailleurs pauvres et se soucie peu de la santé et du bien-être de la population.

La police a fait preuve d’incompétence sinon de complicité tacite, alors même que les revendications des médecins servent aussi ses propres intérêts : lorsque leurs proches tombent malades, les policiers n’ont pas les moyens — contrairement à la bourgeoisie — de prendre un hélicoptère pour aller se faire soigner à l’étranger. La police a réprimé les étudiants et tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, comme s’ils troublaient l’ordre public.

Si les dirigeants étaient honnêtes, s’ils n’étaient pas ceux qui ont ordonné au chef de la police de réprimer les étudiants en médecine, l’État aurait dû dénoncer les agissements condamnables de la police ; des agissements qui prouvent qu’elle ne sait même pas ce qui sert ses propres intérêts.

Les étudiants ont déclaré : « Si nous, étudiants en médecine, qui cherchons simplement à dialoguer pour une cause sociale, sommes accueillis de la sorte, qu’adviendra-t-il des élections promises par Alix Didier Fils-Aimé ? »

Pour cette noble cause, et malgré la répression policière, nous réaffirmons notre volonté de poursuivre la lutte si aucune réponse concrète n’est apportée concernant la réouverture de l’Hôpital général, un enjeu majeur pour le système de santé haïtien.

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