“Un coup de théâtre” (Le Soir) en deux actes. Mardi 7 juillet, Marine Le Pen a d’abord été condamnée en appel à trois ans de prison, dont un an ferme aménageable sous bracelet électronique, et à quarante-cinq mois d’inéligibilité, dont trente mois avec sursis, pour détournement de fonds publics dans l’affaire dite “des assistants parlementaires du Front national”. Si, dans leur décision, les juges de la cour d’appel de Paris n’ont pas manqué de souligner la gravité des faits qui “se sont déroulés pendant de nombreuses années”, ils ont aussi pris en compte “la liberté de choix de l’électeur” en atténuant la peine prononcée en première instance (elle avait écopé de cinq ans d’inéligibilité), et cela fait toute la différence.

À lire aussi : Vu d’Espagne. Marine Le Pen prend la campagne présidentielle en otage

“Malgré la lourde sanction de la justice”, écrit El País dans un éditorial à charge, le verdict “offre à Marine Le Pen la flexibilité nécessaire à sa survie politique”. Conséquence : le soir même, la députée RN annonçait sa candidature à la présidentielle de 2027 en même temps qu’un pourvoi en cassation qui lui permet d’échapper (provisoirement) à la pose d’un bracelet électronique qui l’aurait, selon elle, empêchée de faire campagne.

Depuis des semaines, la presse étrangère s’attendait à voir Marine Le Pen écartée de la course à l’Élysée. “Le candidat le plus probable des lepénistes au scrutin du printemps 2027 sera leur actuel numéro deux, l’eurodéputé Jordan Bardella, qui a 30 ans”, écrivait ainsi El Confidencial dans un article traduit sur notre site. À la fin de juin, The Economist présentait lui aussi le président du RN comme le possible futur locataire de l’Élysée. Autant dire que la décision de la cour d’appel a surpris les correspondants étrangers en France.

Si, dans l’ensemble, la presse étrangère salue la décision des juges qui ont rendu son éligibilité à Marine Le Pen – “un arrêt exemplaire à plus d’un titre” (El País), “un jugement très équilibré” (Die Zeit) –, elle se montre beaucoup plus critique sur la décision de Marine Le Pen de se lancer dans la course malgré sa lourde condamnation. Un pari risqué qui pourrait peser sur sa propre campagne, et surtout un défi moral.

Notre newsletter consacrée à ce que la presse étrangère écrit de meilleur et de pire sur l’Hexagone

Cette newsletter est réservée à nos abonnés

Je m’abonne