Responsable de recherche au sein du programme Gouvernance du développement durable à l’Institut du développement durable et des relations internationales, Elise Dufief fait le point sur l’évolution de la coopération internationale autour des enjeux climatiques et de développement dans les pays du Sud.
L’aide publique au développement (APD) a connu l’an dernier une contraction historique. Quel impact cela a-t-il pour les pays du Sud en matière de lutte contre le dérèglement climatique ?
Si l’on s’en tient aux déclarations des bailleurs de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques], on estime à 30 % environ les financements de l’APD en lien avec le climat entre 2020 et 2024. Ces derniers sont principalement portés par les Etats-Unis, l’Allemagne, la France, le Japon et l’Union européenne, qui, tous, ont annoncé depuis des coupes budgétaires sur le bilatéral.
Mais il faut s’attendre aussi à ce que des fonds multilatéraux soient touchés, comme on l’a vu avec la suppression de la contribution américaine au Fonds vert pour le climat. Pourtant, les besoins financiers augmentent. En 2023, un groupe d’experts indépendants a calculé que les économies en développement, hors Chine, nécessitent 3 000 milliards de dollars, dont 180 milliards d’APD supplémentaires pour atteindre leurs objectifs climatiques et de développement d’ici à 2030. Si on met en relation ce chiffre avec les 174 milliards d’APD en 2025, on voit que nous n’étions de toute façon déjà pas à l’échelle des besoins.
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