Moi qui suis une féministe africaine résistant aux mécaniques des systèmes d’oppression qui cherchent à contraindre et à rabaisser, je m’intéresse aux fonctions de la violence. La violence dans toutes ses formes est utilisée pour décider de qui est humain et qui ne l’est pas, de qui mérite la dignité et qui doit en être privé.
C’est un langage servant à définir une normalité au sein de la société, ainsi que des identités et des comportements jugés acceptables. Lorsqu’on la voit sous cet angle, la violence faite aux corps africains queers est particulièrement insidieuse, car elle est conçue pour forcer brutalement les personnes queers dans le moule hétéronormatif, à la vie et parfois à la mort.
Les Africains queers s’entendent souvent dire que leur existence est anti-africaine, qu’ils et elles sont un détestable produit de l’influence occidentale. Des dirigeants africains, entre autres, dépensent une énergie folle pour tenter d’éliminer les identités queers par divers moyens violents : rhétoriques, juridiques, politiques, physiques, religieux et sexuels.
Alors que les Africains queers sont soumis à des violences et vivent sous la menace constante d’en subir, ils doivent aussi trouver des moyens d’y résister. C’est une existence aux marges, mais elle démontre que les Africains que
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