« Mardi, dans la nuit, j’ai pleuré et cela a réveillé ma fille », a confessé le mathématicien Hugo Duminil-Copin, médaille Fields 2022, lors d’une visioconférence organisée par la Société mathématique de France, jeudi 8 octobre. La raison de ses larmes ? L’entreprise américaine d’intelligence artificielle (IA) OpenAI a mis en ligne plus de 719 manuscrits, répartis en 372 familles, prétendant résoudre de nombreux problèmes mathématiques encore ouverts. Pas moins de 16 questions qui intéressaient le chercheur français sont concernées.
« Ils ont annihilé mon domaine de recherche », a-t-il calmement précisé. Il a diffusé une diapositive, générée par IA, montrant le dessin d’un lapin écrasé par plusieurs camions. « Ils ont voulu prouver qu’ils pouvaient nous massacrer », a-t-il ajouté, avant de parler dans la session de questions-réponses « d’un démantèlement de notre activité ».
Depuis un mois, la communauté mathématique vit un cauchemar. Le 8 septembre, OpenAI, déjà, avait mis en ligne des éléments prouvant que ses programmes avaient résolu un problème mis à prix un million de dollars depuis 2000 (le problème de Navier-Stokes). Un choc. C’était déjà le troisième pour Hugo Duminil-Copin qui, dès le mois d’avril, avait réalisé le potentiel de ces IA. Avec un collègue, il avait compris qu’une IA d’Anthropic, concurrente d’OpenAI, pouvait résoudre un problème difficile, avec une preuve élégante et courte.
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