Depuis début juin, le projet de nouvel accélérateur de particules du CERN, le futur collisionneur circulaire (FCC), est porté au débat public. L’actualité brûlante de l’été n’a pas laissé beaucoup de place aux réflexions sur cette infrastructure hors norme, dont la mise en service est envisagée après 2045.
Présentons en quelques chiffres-clés cette « usine à bosons de Higgs », permettant de progresser dans notre connaissance de la matière et des lois physiques qui régissent les interactions entre les particules élémentaires : un tunnel de 6,50 mètres de diamètre et de 90,7 kilomètres de circonférence, 12 cavernes souterraines situées entre 180 et 400 mètres de profondeur, environ 15 millions de tonnes de roches excavées, une consommation d’électricité annuelle de 1,1 à 1,8 térawattheure – de quoi couvrir les besoins d’une métropole comme Nantes ou Strasbourg –, le tout pour un investissement prévisionnel de 16 milliards d’euros…
Les aspects environnementaux du projet, en phase de chantier comme en phase de fonctionnement, sont abordés dans le dossier de consultation : usage de l’eau, impact sur les nappes phréatiques et les équilibres hydrogéologiques, transport et gestion des matériaux excavés, impact sur les milieux naturels et la biodiversité, bilan carbone… Il reste pourtant un « trou béant » dans l’analyse, celui de la prise en compte des ressources minérales : malgré l’ampleur du projet, aucun bilan matières n’a été fourni.
Il faut en effet des quantités phénoménales d’acier, d’aluminium, de cuivre, d’étain, de niobium, de chrome, de nickel, d’hélium, etc., pour construire l’ensemble de la machinerie et des installations : tubes de faisceaux où circulent les particules, milliers d’aimants supraconducteurs pour le guidage, circuits de refroidissement et réservoirs de stockage, tuyauteries, blindages, câblages, structures…
Pollution pour des millénaires
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