Les Etats-Unis ont désigné, mercredi 26 août, comme « organisations terroristes étrangères » le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu’un groupe italien d’extrême gauche. L’organisation propalestinienne est accusée d’avoir « apporté une aide substantielle (…) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci », a affirmé le département du Trésor.
Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Au Royaume-Uni, le groupe a été déclaré « terroriste » par le gouvernement travailliste en 2025. La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d’ampleur et est contestée devant la justice.
« Le terrorisme d’extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l’Occident dans son ensemble », a déclaré sur X le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio. « Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste », a-t-il ajouté.
« Réseaux terroristes d’extrême gauche »
« Le fait que [Donald] Trump s’inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l’encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d’alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d’expression et les libertés civiles », a réagi Huda Ammori, cofondatrice de Palestine Action. Elle a appelé le nouveau premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une « attaque sans précédent contre la liberté d’expression ».
L’entité italienne visée est Autistici/Inventati (ou « collectif A/I »), que Washington considère comme « un groupe extrémiste qui met en place et gère l’infrastructure numérique de cellules antifas violentes et d’autres militants d’extrême gauche à travers le monde », selon un autre communiqué du département d’Etat.
« Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d’extrême gauche, et permettent à ces derniers de s’organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables », est-il reproché.
Le département d’Etat affirme aussi que les « cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d’autres infrastructures critiques ».
L’une des trois principales « menaces »
Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d’être à leur tour sanctionnés.
Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur « la résurgence du terrorisme politique », visant notamment le mouvement Antifa, pour « antifasciste ». Il s’agit d’un mouvement nébuleux d’activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d’une idéologie politique que d’un groupe organisé.
Dans un récent rapport sur l’antiterrorisme, l’administration Trump a défini trois principales « menaces » contre la première puissance mondiale : « les narcoterroristes et les gangs internationaux », les « terroristes islamistes historiques » et les « extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes ».