Dans le sud de l’archipel philippin, les quelque 2,39 millions d’électeurs de la région autonome Bangsamoro (Région autonome bangsamoro en Mindanao musulmane, BARMM), se sont pressés vers les bureaux de vote, tôt dans la matinée du 14 septembre, pour un scrutin qualifié d’“historique” par le quotidien The Manila Times. Ces élections sont “l’aboutissement d’un processus de paix mis en œuvre sur plusieurs décennies et sous plusieurs mandats présidentiels”, poursuit le journal.

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Reportées à quatre reprises, les élections mettent un terme aux sept années de gouvernance provisoire de cette région autonome créée en 2019. En jeu, les 80 sièges du Parlement, disputés entre 13 formations politiques. Les nouveaux élus désigneront en leur sein le chef de l’exécutif de la région.

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Au vu de l’“enthousiasme” des électeurs à l’idée de pouvoir enfin élire les membres de leur Parlement, la Commission électorale table sur un taux de participation compris entre 70 et 80 %.

Mais des incidents violents ont éclaté avant même l’ouverture des bureaux de vote. Trois personnes ont été tuées dans la ville de Cotabato, la capitale régionale, lors d’échanges de tirs entre factions. Un homme a également été grièvement blessé lors de l’explosion de l’engin explosif qu’il transportait.

Quarante ans de guerre

La création de la région autonome Bangsamoro résulte des accords de paix signés en mars 2014 entre le gouvernement et les séparatistes du Front de libération islamique Moro (Flim) au terme d’un processus long et fastidieux. La BARMM vise une autonomie plus étendue pour les habitants de la région, en majorité musulmans, dans un pays essentiellement catholique. Les anciens rebelles du Flim ont accepté de se démobiliser et de renoncer à leur objectif de créer un État musulman séparé. Environ 150 000 personnes ont perdu la vie dans ce conflit, qui aura duré plus de quarante ans.

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“Des élections crédibles pourraient permettre de normaliser la vie politique au sein de la BARMM, contribuer à réduire les violences claniques ou dynastiques, attirer les investissements, et mettre pleinement en œuvre le désarmement des anciens combattants du Flim”, écrit le quotidien de Manille.

Dans cette région pauvre forte de 5 millions d’habitants, la stabilité demeure fragile. Après des décennies de conflit, les armes y circulent très largement. Des clans se disputent le pouvoir, et des groupes rebelles musulmans, plus ou moins affiliés à l’organisation État islamique, contestent le pouvoir du Flim sur la région autonome.