Il y a peu, Phnom Penh, capitale trépidante du Cambodge, était le genre de ville où, à peine arrivé, on songeait déjà à en partir. Les gens y passaient une nuit, voire deux, juste le temps de faire le petit tour obligatoire au musée du Génocide de Tuol Sleng [sur les exactions du régime khmer rouge, qui ont fait quelque 1,7 million de victimes entre 1975 à 1979] et au palais royal, avant de filer vers les lieux de carte postale du pays, comme les temples d’Angkor Vat ou l’une des stations balnéaires des îles au large de la côte sud.

Alors que l’industrie touristique cambodgienne était en plein boom dans les années 2010, et que des villes comme Siem Reap [la porte d’accès au site d’Angkor Vat], Kampot et Battambang devenaient des bastions des arts et de la culture, Phnom Penh avait eu du mal à se défaire de son image de lieu de non-droit, portant encore les stigmates de la guerre [au pouvoir ou sous forme de guérilla, les Khmers rouges ont été parties prenantes de divers conflits, du début des années 1970 jusqu’en 1998], avec ses rues remplies de 4 × 4 d’ONG, de petits délinquants et de touristes, le plus souvent des Occidentaux d’un certain âge, de sexe masculin, à la recherche de divertissements douteux.

Course vers les hauteurs

Mais les choses sont en train de changer. En octo