Pas de Festival de Cannes sans polémiques ! Celle de cette année est vigoureuse et on peut lui trouver une morale inattendue. En lançant une tribune anti-Bolloré, dans le sillage de l’affaire Grasset, des acteurs et réalisateurs ont allumé la mèche. Avec une posture idéologique discutable.

On peut déplorer ce qui est arrivé à la vénérable maison d’édition, critiquer CNews, regretter les Guignols, mais parler d’une “emprise croissante de l’extrême droite” sur l’audiovisuel français, et même d’une “prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif”, constitue une accusation aussi grave que figée.

On siffle le logo puis on regarde le film

Il y a certes une perspective de concentration inquiétante dans le cinéma si le groupe du milliardaire breton met la main sur le réseau UGC – il demeurera néanmoins la concurrence de Pathé. Cela étant, quelles preuves avancent les protestataires ? On parle de deux projets de films, dont un de Christophe Honoré, et de la série Paris Police, qui auraient choqué le propriétaire. Mais on multiplierait à l’infini les exemples de productions de Canal+, cinéma ou feuilletons, se situant aux antipodes de l’“extrême droite” brandie par les fabricants d’épouvantail.

La réaction du groupe n’a pas manqué de faire flamber la Croisette. Maxime Saada, le pat