Selon les traductions de L’Odyssée, Ulysse est dit “aux mille ruses”, mais il pourrait tout aussi bien être qualifié d’être “aux milles facettes”. Calme et violent, sage et orgueilleux, loyal et menteur : il est sans doute l’un des héros les plus complexes du monde homérique. C’est pourquoi la presse anglo-saxonne, à l’approche de la sortie de L’Odyssée de Christopher Nolan – dans les salles françaises ce 15 juillet –, se demande quelle version du héros choisira le réalisateur américano-britannique. Et remarque à quel point l’œuvre originale a fait l’objet de nombreuses réécritures et a servi d’inspiration plus ou moins directe depuis près de deux mille huit cents ans.

“Si LOdyssée, ce poème de 12 000 vers, perdure encore aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’il est parfait, mais parce que plus on le lit, plus il se plie et s’adapte à une multitude de formes – comme tous les textes regorgeant de richesse et de sens. La lueur qui en émane semble à chaque fois nouvelle”, écrit la journaliste du Guardian. Elle-même y trouve quelque chose de nouveau à chaque lecture, et ne peut par exemple s’empêcher de penser à l’Ukraine dans ce récit d’un soldat revenu de la guerre, méconnaissable pour sa propre famille.

Prolonger une tradition orale

Bien des épreuves qu’affronte Ulysse sont autant