Selon Voxeurop, travailler dans un autre pays de l’Union européenne (UE) relève souvent du parcours d’obstacles pour les personnes en situation de handicap, malgré le principe de libre circulation. “Pour aller travailler dans un autre pays, il faut entrer dans un territoire bureaucratique inexploré,” explique le site. Derrière l’ambition européenne, la réalité est complexe et dissuasive.
Premier verrou : l’absence d’harmonisation entre pays. “Chaque État membre de l’UE a sa propre définition du handicap”, rappelle l’article. Les critères varient – approche médicale, fonctionnelle ou par points – rendant la reconnaissance du statut incertaine d’un pays à l’autre. Pour les candidats à l’expatriation, cela implique de recommencer entièrement les démarches administratives à l’arrivée, parfois pour plusieurs années.
Cette rupture a des conséquences immédiates :
“Pendant cette période, la personne n’a aucun soutien financier et n’a pas accès aux soins dont elle a besoin.”
Sans reconnaissance officielle, les droits sociaux ne sont pas transférés, et l’accès à l’emploi devient précaire. Dans certains cas, ces obstacles peuvent même fragiliser le droit de séjour. L’expatriation, censée ouvrir des opportunités, expose ici à une perte brutale de protection.
À ces blocages administratifs s’ajoutent des difficultés concrètes de mobilité. Sans surprise, “le principal obstacle est physique”. Transports inadaptés, coûts supplémentaires, infrastructures insuffisantes compliquent déjà le départ. Une fois sur place, les discriminations persistent sur le marché du travail. “Parfois, les employeurs préfèrent ne pas prendre de risques ou éviter les coûts nécessaires à l’adaptation du poste de travail”, note Alonso Escamilla, chercheur en politiques européennes.
Les initiatives européennes récentes peinent à corriger ces inégalités. La carte européenne du handicap, adoptée en 2024, illustre ces limites car elle est “davantage destinée aux touristes qu’aux travailleurs”. Limitée aux séjours de moins de trois mois et excluant emploi et sécurité sociale, elle ne répond pas aux besoins des expatriés souhaitant s’installer durablement.
Enfin, “il n’existe pas de chiffres précis ni de base de données fiable.” Sans visibilité statistique, les politiques publiques restent inadaptées, et la mobilité des travailleurs handicapés demeure marginalisée.
On le voit, en Europe, la libre circulation existe en théorie, mais pour certains expatriés elle reste largement hors de portée.
Où partir vivre en 2026 ?
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