Lashan Ranasinghe, 31 ans, a quitté Londres voilà exactement deux ans et il n’a qu’un seul regret : ne pas l’avoir fait plus tôt. Au quotidien The Telegraph, il explique : “Notre loyer a augmenté de 25 % pour un appartement pourtant en piteux état. Le coût de la vie à Londres, qui restait gérable auparavant, devenait insupportable : je perdais de l’argent tous les mois.”

C’est en 2019 que Lashan Ranasinghe s’était envolé de Sydney, suivant l’exemple de dizaines de milliers de jeunes Australiens qui, avant lui, ont estimé qu’un séjour dans la capitale britannique constituait une sorte de rite de passage.

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“Vue d’Australie, confie Lashan Ranasinghe, l’Europe me paraissait fascinante.” Et dans les premiers moments de son séjour, il a bel et bien l’impression d’être “au cœur de tout”. Raison pour laquelle, en tant que chef de projet dans une entreprise d’ingénierie, il accepte d’être moins bien payé que dans son pays. “Le temps était exécrable et je ne comprenais pas pourquoi les pubs fermaient à 23 heures, mais je traversais Tower Bridge à vélo pour aller au travail et tout me semblait plus riche et plus vivant qu’à Sydney.”

Pourtant la désaffection est venue vite. Dès leur arrivée, les jeunes Australiens ont d’ailleurs une bonne raison de ne plus se sentir les bienvenus : depuis 2016, rappelle The Telegraph, ils doivent payer chaque année la surtaxe santé (près de 1 400 livres, soit 1 618 euros) dont ils étaient auparavant exemptés.

Aller simple pour Paris

Pour Lashan Ranasinghe, aux difficultés croissantes pour faire face au coût de la vie s’est ajouté un fort sentiment d’insécurité. Un jour, il est agressé dans le métro par deux adolescents. “Les passagers de la rame sont restés impassibles, même lorsque j’ai appelé à l’aide.” La crainte de se faire voler son téléphone ou son vélo n’a l’a plus quitté, jusqu’à ce qu’il prenne la décision de déménager à Paris. “J’ai commencé à me demander si les Londoniens ne se berçaient pas d’illusions en pensant qu’ils aimaient vivre dans cette ville.”

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En février 2024, il se décide enfin à réserver un aller simple pour Paris. “J’ai pris l’Eurostar et j’ai commencé une nouvelle vie en France.” Et depuis dix-huit mois, il constate que beaucoup de ses amis australiens de Londres sont partis pour le Danemark, Tokyo ou Dubaï – ou sont rentrés en Australie.

Selon les données du ministère de l’Intérieur, le nombre de visas délivrés aux Australiens a chuté de 60 % depuis 2005, précise The Telegraph. “Même le visa de travail destiné aux moins de 35 ans semble avoir perdu son attrait à partir de 2015.” Pour sa part, Lashan Ranasinghe ne recommande pas vraiment la capitale britannique à ses concitoyens – à moins d’arriver avec de solides économies.