Gabriel Attal, candidat à la présidentielle et patron du parti Renaissance, a porté plainte pour « ingérence étrangère » en « provenance de réseaux russes », ont annoncé, samedi 8 août, ses avocats à l’Agence France-Presse (AFP).
Après un premier signalement mercredi « pour une ingérence numérique extérieure » et « en provenance de Russie », les services de l’Etat « ont informé » vendredi Gabriel Attal d’une « nouvelle opération d’ingérence » jeudi, « à nouveau en provenance de réseaux russes », exposent ses conseils, Mes Sacha Ghozlan et Lucas Veil, dans un communiqué adressé à l’AFP.
La plainte, déposée vendredi soir, dénonce « des faits d’ingérence étrangère, de manipulation de l’information, de fabrication de contenus truqués, susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation et à la sincérité du scrutin présidentiel à venir ».
« Notre client a été alerté par le SGDSN [Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale], et plus particulièrement par le service Viginum, chargé de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères, de l’existence de campagnes de désinformation le visant », précisent les avocats de Gabriel Attal.
« L’élection peut être faussée »
« Plusieurs comptes X, dont certains usurpant l’identité de médias français et internationaux, ont diffusé de faux reportages vidéo, de fausses unes de journaux, des contenus imitant les logos, chartes graphiques de médias et lui attribuent ainsi qu’à ses proches des propos, des agissements et des positions publiques mensongères et fausses destinées à le discréditer comme candidat », énumèrent encore les conseils de Gabriel Attal.
« Si on ne fait rien pour se protéger, l’élection peut être faussée, volée aux Français », s’est inquiété jeudi sur RTL Gabriel Attal, accusant « la Russie de vouloir voler » ce scrutin aux Français. Une série d’opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses, ont ciblé en quelques jours trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle.
Edouard Philippe (Horizons) a été calomnié sur son état de santé, Raphaël Glucksmann (Place Publique) à travers sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée d’avoir soudoyé des médias pour favoriser la candidature de son compagnon, et Gabriel Attal a été notamment présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson.
Même si ces opérations sont restées peu visibles d’après une source sécuritaire, il s’agit des premières visant directement depuis le début de la campagne des prétendants à l’Elysée. Une enquête a été ouverte par la justice concernant Raphaël Glucksmann.