À la fin de l’année dernière, Topazio Neto, le maire PSD [conservateur] de Florianópolis, a décidé de montrer au Brésil, et peut-être au monde entier, l’efficacité du “contrôle des frontières” mis en place à la gare routière de la ville. “Plus de 500 personnes ont été refoulées, s’est-il félicité sur les réseaux sociaux. Nous ne pouvons empêcher personne de venir chercher une vie meilleure à Florianópolis mais nous devons maintenir l’ordre et la loi. Celui qui débarque ici doit respecter nos règles et notre culture. C’est aussi simple que cela.”

L’idée, “aussi simple que cela”, de refouler les immigrants potentiels qui ne se conforment pas aux “règles et à la culture” de la capitale de l’État de Santa Catarina, selon les critères du maire, a été le point d’orgue d’une vague d’interpellations de personnes pauvres et sans abri dans les communes administrées par les bolsonaristes, en particulier dans la région Sud. Elle visait à intercepter les indésirables avant même qu’ils ne posent le pied sur le sol de cet État et à les renvoyer aussitôt chez eux par où ils étaient venus.

La deuxième étape a été la création des “agents communautaires”, un groupe de volontaires dont les interpellations musclées réalisées sur les plages et les sites touristiques lui ont valu d’être surnommé “ICE”