Attendre d’avoir assez d’argent pour faire le tour du monde ou bien, à l’inverse, se dire qu’il est trop tard parce que la jeunesse est derrière soi est assez courant. Et c’est dommage, à en croire plusieurs témoignages publiés par la presse allemande et américaine.
Sur le plan financier, faire le tour du monde peut même se révéler très rentable. C’est le cas pour Jason et Alida Heibel, des Allemands de 24 ans, qui parcourent le globe à bord d’un minivan de 5 m2. Dans sa rubrique consacrée aux budgets des ménages, Die Zeit a décortiqué leurs finances et dresse ce constat : “Grâce aux récits de leur voyage publiés en ligne, ils gagnent plus que beaucoup d’employés” avec des revenus annuels de plus de 100 000 euros à deux et très peu de dépenses. Mais, explique la jeune femme, “le cliché selon lequel nous sommes en vacances toute l’année est faux. Nous passons plus de temps à travailler qu’à la plage. Nous avons une répartition claire des tâches. Je m’occupe d’Instagram, des nouvelles collaborations et des relations avec les entreprises. Mon mari, Jason, gère YouTube, la comptabilité et les impôts.” Comme son mari, elle travaille soixante heures par semaine.
Si des moyens modestes au départ ne doivent pas être un frein, l’âge non plus ne doit pas en être un. C’est ce que se sont dit Sandra Hazelip et Eleanor Hamby, amies depuis longtemps, veuves et octogénaires ! Elles se sont d’ailleurs fait connaître il y a quelques années, à l’âge de 82 ans, sur les réseaux sociaux en se lançant sur les traces de Jules Vernes pour un tour du monde en quatre-vingts jours. Elles ont aujourd’hui bientôt 85 ans et elles continuent. Interrogées par la Süddeutsche Zeitung, elles racontent qu’elles préparent leurs voyages avec minutie, à la fois pour respecter leur budget serré mais aussi – et surtout – pour se renseigner sur la culture et les coutumes locales. “On dit toujours : on ne fait pas un voyage, on vit une aventure”, résume Sandra Hazelip, tandis que son amie Eleanor Hamby confie avec malice : “On ne veut pas aller à la plage, c’est ennuyeux.”
Leur âge avancé joue même souvent en leur faveur : “On est toujours les plus âgées, que ce soit lors d’une descente de l’Amazone ou d’une balade à dos de chameau. Par conséquent, les gens font particulièrement attention à nous. Enfin, si on était deux grincheuses, ce serait sans doute différent. Mais on sourit et on rit beaucoup.” Les deux comparses ont publié un récit de leurs aventures en septembre 2025 intitulé Here We Go - Lessons for Living Fearlessly from Two Traveling Nanas (“C’est parti - Leçons pour une vie sans peur de deux mamies voyageuses”, inédit en français).
Attention au burn out
Malgré des récits souvent enthousiastes, un tour du monde peut toutefois être éreintant. C’est l’expérience vécue par Kelly Benthall, une quinquagénaire américaine, et son mari. Bien que plus aisée que Jason et Alida Heibel et plus jeune que Sandra Hazelip et Eleanor Hamby, elle conseille désormais, dans un témoignage livré au site Business Insider, de veiller à ne pas s’épuiser. Au bout d’un an de voyage, elle se rend compte que quelque chose ne va pas. “Chaque jour impliquait des dizaines de petits choix : itinéraires, météo, distances, moment où un court séjour devenait trop long. Même le repos était devenu une chose que je devais justifier.” Cette prise de conscience et le fait de ralentir, de ne pas accumuler des listes de choses à faire absolument, de ne pas vouloir tout optimiser, lui ont permis de profiter à nouveau de ces voyages si longtemps attendus.
En somme, faire le tour du monde est à la portée de toutes et tous… mais pas n’importe comment.
“Pour moi, la richesse, c’est la liberté”
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !