Quand Fernando Lira, le PDG du groupe d’import-export JML, est arrivé au Japon, la mode était un domaine très éloigné de ses préoccupations. Sa priorité était d’apprendre le japonais. Il confie pourtant à Business Insider que l’une des principales leçons qu’il doit au Japon touche précisément à la bonne façon de s’habiller.

“J’avais 25 ans quand je me suis inscrit à un programme [de langue] à Fukuoka, à environ 885 kilomètres au sud-ouest de Tokyo.” Fernando Lira explique qu’il a décidé de quitter les Pays-Bas, le pays où il a grandi, parce qu’il avait envie de “quelque chose de nouveau”. Vivre au Japon représentait un défi. “J’ai volontairement choisi une ville où je savais que l’anglais ne me serait d’aucune utilité.”

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S’il a croisé peu d’anglophones à Fukuoka, la plus grande ville de l’île de Kyushu, il y a en revanche rencontré “des habitants incroyablement sympathiques” – et sa future épouse, dont il a fait la connaissance alors qu’il ne connaissait que quelques mots de japonais au cours d’une soirée consacrée au Pocky, ce bâtonnet de biscuit très populaire au Japon.

C’est au terme de ses études de japonais, alors qu’il a trouvé un premier travail dans une start-up technologique, qu’il découvre l’importance de la tenue vestimentaire dans le milieu professionnel. Au sein de la petite entreprise, l’ambiance est décontractée et personne ne semble se soucier de la question. Mais tout change le jour où ingénieur se présente en tongs et reçoit un avertissement. “J’ai compris qu’au Japon, même dans les environnements de travail les plus informels, il existe des attentes tacites.”

Vestes d’uniforme

Dans la culture japonaise, “qui valorise la réussite collective”, l’expression personnelle doit rester discrète, explique Fernando Lira. “Les démonstrations ostentatoires d’individualisme peuvent être perçues comme de l’égocentrisme, ce qui est mal vu.”

Certaines entreprises fournissent un uniforme à leurs employés, d’autres exigent des tenues particulières en fonction des missions ou de la position dans la hiérarchie. “Quand j’ai travaillé comme chauffeur dans une entreprise de transport, on m’a fourni un uniforme complet et on m’a interdit de porter des lunettes de soleil au volant”, rapporte Fernando Lira.

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Dans une entreprise de logistique, par exemple, le personnel administratif portera une veste d’uniforme par-dessus la chemise alors que les employés qui travaillent à l’entrepôt arboreront des équipements de protection de couleurs différentes selon leurs tâches. Et “la couleur du casque indiquera le rôle et l’ancienneté de chacun”.

Fernando Lira confie qu’il a eu du mal à s’inventer un uniforme de PDG de sa propre entreprise. Au bureau, il a opté pour un pantalon cargo et une chemise de travail dont il retrousse les manches hiver comme été. “Je veux projeter une image de force et de confiance, et aussi être libre de mes mouvements.” Mais quand il rend visite à ses fournisseurs, il passe un costume. “Les entrepreneurs doivent soigner leur image de marque. Les petites touches personnelles, badge ou coupe de cheveux, doivent être subtiles.”