La cour d’appel de Tunis a confirmé, vendredi 26 juin, la peine prononcée en première instance d’un an de prison contre le journaliste indépendant, Zied El-Heni, pour « atteinte à autrui » après ses virulentes critiques de décisions judiciaires visant des confrères.
Il était poursuivi en vertu d’un article du code des télécommunications prévoyant jusqu’à deux ans de prison pour « quiconque porte sciemment atteinte à autrui ou perturbe sa quiétude à travers les réseaux publics de télécommunications », dont les réseaux sociaux.
Connu pour ses critiques à l’égard de la politique du président tunisien, Kaïs Saïed, M. El-Heni avait été arrêté le 24 avril après l’ouverture d’une enquête concernant des propos tenus lors d’une conférence organisée début avril dans une faculté de droit à Tunis, selon son avocat, Me Samir Dilou. Il y avait défendu des journalistes condamnés « injustement », dénonçant comme « criminels » les magistrats ayant prononcé les jugements.
Pressions politiques
Le 13 avril, le journaliste avait aussi annoncé sur sa page Facebook avoir déposé un recours devant le tribunal administratif contre le président Saïed. Il demandait à la justice d’obliger le chef de l’Etat à mettre en place la Cour constitutionnelle et à réactiver le Conseil supérieur de la magistrature ainsi que la Haute Autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica).
En 2024, Zied El-Heni avait déjà été condamné à six mois de prison avec sursis pour « atteinte à la personne » d’une ancienne ministre du commerce, dont il avait demandé le limogeage lors d’une émission de radio.
Depuis le coup de force du président Saïed à l’été 2021 par lequel il s’est emparé des pleins pouvoirs, des dizaines de figures médiatiques, politiques et de défense des droits humains ont été arrêtées, certaines ayant été condamnées à de lourdes peines.