Un juge américain a classé sans suite, lundi 10 août, une plainte visant le magnat indien Gautam Adani, après que le gouvernement américain eut décidé de retirer les accusations de fraude et corruption qui pesaient sur lui. Le milliardaire était soupçonné depuis 2024 d’avoir participé au versement de plus de 250 millions de dollars (environ 216 millions d’euros) de pots-de-vin à des fonctionnaires indiens pour obtenir des marchés dans l’énergie solaire en Inde, au détriment d’investisseurs aux Etats-Unis.
Le parquet fédéral américain avait réclamé en mai l’abandon des poursuites contre lui et cette demande a été entérinée lundi par un juge fédéral de Brooklyn, Nicholas Garaufis.
A la tête d’un empire commercial s’étendant du charbon aux aéroports, en passant par le ciment et les médias, Gautam Adani est considéré comme un proche du premier ministre indien, Narendra Modi. Agé de 64 ans, il est détenteur d’une fortune personnelle estimée à 84,6 milliards de dollars (73,3 milliards d’euros), selon le classement Forbes.
Défendu par un avocat de Donald Trump
Le quotidien The New York Times avait rapporté que la décision d’abandonner les poursuites avait été prise après le recrutement par Gautam Adani d’une nouvelle équipe de défenseurs dirigée par Robert Giuffra, l’un des avocats du président Donald Trump. Selon le journal, lors d’une réunion entre la défense et le parquet au ministère de la justice en avril, l’avocat avait notamment argué qu’en cas d’abandon de la plainte le visant, Gautam Adani serait prêt à investir 10 milliards de dollars dans l’économie américaine.
Le juge Garaufis avait précédemment demandé si cette promesse avait constitué un facteur dans la décision du parquet, avant de conclure que non. Il avait toutefois critiqué avec virulence la manière dont un haut responsable du ministère de la justice, Trent McCotter, nommé par le président Trump, avait procédé pour arriver à cette décision.
« Le fait que McCotter soit parvenu à cette décision en grande partie en collaboration avec l’avocat de la défense, et apparemment sans aucune contribution des agents du FBI et de la SEC [l’autorité de régulation des marchés boursiers] qui ont enquêté sur les faits présumés de mauvaise conduite, ni [des procureurs] qui ont engagé les poursuites, paraît tout à fait inhabituel », avait écrit le juge Garaufis.