Un juge américain a mis fin, vendredi 22 mai, à des poursuites pénales contre Kilmar Abrego Garcia, un immigré salvadorien dont la saga judiciaire avec les autorités américaines était devenue pour beaucoup le symbole de la politique d’expulsions massives ordonnée par Donald Trump.
Le juge fédéral a estimé que les poursuites engagées par les procureurs fédéraux à son encontre constituent « un abus des pouvoirs » du parquet.
Le cas de cet habitant du Maryland, marié à une Américaine, a cristallisé en 2025 l’opposition entre la justice fédérale et l’administration Trump, accusée d’obstruction vis-à-vis des tribunaux qui contrarient sa politique d’expulsions massives.
Après s’être déclarée dans l’incapacité de ramener Kilmar Abrego Garcia, expulsé vers le Salvador le 15 mars avec plus de 250 hommes, la plupart pour appartenance présumée à un gang vénézuélien, l’administration Trump l’a fait revenir aux Etats-Unis le 6 juin.
Des procureurs du ministère américain de la justice avaient reconnu une « erreur » à son propos. Mais à son retour sur le territoire américain, il avait cependant été inculpé par la justice fédérale pour aide au séjour illégal de migrants et placé en détention provisoire dans le Tennessee.
L’expulsion reste possible
Kilmar Abrego Garcia a contesté ces poursuites, estimant qu’il s’agissait-là d’une revanche des autorités vis-à-vis de son combat judiciaire pour éviter d’être expulsé pour de bon.
Le juge fédéral du Tennessee Waverly Crenshaw lui a donné raison vendredi. « Les éléments objectifs de preuve de ce dossier montrent que sans sa plainte qui lui a permis d’éviter son expulsion au Salvador, le ministère n’aurait pas mené ces poursuites », écrit-il dans son jugement.
Cette victoire sur le plan pénal ne protège pas Kilmar Abrego Garcia d’une éventuelle expulsion, même si une décision de justice gèle pour l’instant cette possibilité.
Il avait été libéré en décembre dernier sur décision judiciaire, après avoir été détenu dans les geôles de la police de l’immigration (ICE).
Le président Donald Trump a érigé la lutte contre l’immigration clandestine en priorité absolue, évoquant une « invasion » des Etats-Unis par des « criminels venus de l’étranger » et communiquant abondamment sur les expulsions d’immigrés. Mais son programme d’expulsions massives a été contrecarré ou freiné par de multiples décisions de justice, notamment au motif que les personnes visées devaient pouvoir faire valoir leurs droits.