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Woodensky Pierre : de Cité Soleil au Mondial, le benjamin des Grenadiers

Sur les vingt-six Grenadiers du Mondial 2026, il est le seul à fouler encore les pelouses d’Haïti. Né à Cité Soleil, formé au pays, avec le dossard 26, Woodensky Pierre porte sur ses épaules tout un football local que l’on croyait réduit au silence. Ils sont vingt-six à porter les coule

Woodensky Pierre : de Cité Soleil au Mondial, le benjamin des Grenadiers
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12 juin 2026
Woodensky Pierre : de Cité Soleil au Mondial, le benjamin des Grenadiers
Actualités Sport

Woodensky Pierre : de Cité Soleil au Mondial, le benjamin des Grenadiers

  • by Rezo Nodwes
  • 12 juin 2026
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Sur les vingt-six Grenadiers du Mondial 2026, il est le seul à fouler encore les pelouses d’Haïti. Né à Cité Soleil, formé au pays, avec le dossard 26, Woodensky Pierre porte sur ses épaules tout un football local que l’on croyait réduit au silence.

Ils sont vingt-six à porter les couleurs d’Haïti au Mondial 2026. Vingt-cinq évoluent à l’étranger, en Europe, en Amérique du Sud ou aux États-Unis. Un seul est resté au pays : Woodensky Pierre. Né à Cité Soleil, formé en Haïti, milieu défensif du Violette Athletic Club, ce jeune homme de 21 ans est devenu, presque malgré lui, le visage d’un football local que beaucoup croyaient réduit au silence. Sa seule présence dans le groupe est déjà une histoire en soi.

Olivier Woodensky Pierre voit le jour le 30 décembre 2004 à Cité Soleil, l’un des quartiers de Port-au-Prince les plus touchés par la violence des gangs. C’est là qu’il a grandi, qu’il a tapé ses premiers ballons, et c’est de là qu’il a tracé, contre toute attente, un chemin vers le plus haut niveau mondial. Dans un pays où la plupart des talents partent dès qu’ils le peuvent, lui a appris le football à la maison. Sa trajectoire en dit long sur ce que l’on peut encore bâtir au pays.

Le ballon est entré tôt dans sa vie. Avant le grand club, il y eut une école de football de quartier, qu’il nomme « Ascoli FC », où il a appris les bases dès l’âge de six ans. Il lui voue une reconnaissance presque filiale. « Ascoli FC, c’est comme une mère et un père pour moi », confiait-il au Nouvelliste. Puis il a rejoint le doyen des clubs haïtiens, le Violette Athletic Club, à Port-au-Prince, qui l’a formé et révélé. Woodensky est, au sens plein, un produit du football de base haïtien.

Sa sélection a pris, très vite, une portée qui dépasse le sport. Le 18 mai 2026, jour de la fête du Drapeau, il reçoit l’étendard national des mains de Mario Léandre, figure de la fameuse Sélection nationale de 1974, celle du premier et unique Mondial du pays avant cette année. Le geste n’a rien d’anodin : il relie deux générations, celle de Manno Sanon et celle d’aujourd’hui. En quelques mois, le gamin de Cité Soleil est devenu un trait d’union entre la mémoire et l’espérance du football haïtien.

Le visa, l’attente, le soulagement
Son rêve a pourtant failli buter sur un obstacle administratif. Pendant que ses coéquipiers préparaient le tournoi en Floride, Woodensky, lui, attendait toujours son visa américain, s’entraînant seul au parc Sainte-Thérèse de Pétion-Ville. L’affaire a ému tout le pays : associations, presse et responsables se sont mobilisés pour réclamer ce sésame. Le soulagement est venu le 1er juin dernier, quand le précieux document lui a enfin été accordé. Le seul Grenadier du cru pouvait rejoindre les siens et vivre, lui aussi, le rendez-vous d’une vie.

Dans le vestiaire, le jeune homme a trouvé un accueil chaleureux. Il cite volontiers Josué Casimir et Jean-Ricner Bellegarde parmi ceux qui l’ont aidé à se sentir chez lui. Quant à Duckens Nazon, l’attaquant vedette, il lui a déjà collé un surnom affectueux, « Nèg lèd », signe que le petit dernier a vite trouvé sa place auprès des cadres. À 21 ans, entouré de joueurs de Premier League ou de Ligue 1, le milieu du Violette ne détonne pas. Il apprend, observe, et avance.

Sa présence porte une signification rare. Le football haïtien a vécu des années noires : championnat longtemps suspendu, infrastructures fragilisées, insécurité, et un exil massif des meilleurs joueurs. Que l’un des leurs, formé entièrement au pays, se hisse jusqu’au Mondial, voilà qui redonne du sens au jeu local. Woodensky Pierre n’est pas qu’un milieu prometteur. Il est la preuve qu’un enfant d’Haïti, resté chez lui, peut encore rêver de représenter sa nation sur la plus grande scène du monde.

Du championnat haïtien aux Grenadiers
Sur le terrain, sa réputation n’est pas née d’hier. Dès 2022, il se révèle au Championnat U20 de la CONCACAF. Son sens de l’anticipation et son agressivité lui valent alors un surnom flatteur : « le Casemiro haïtien », en référence à la star brésilienne du milieu de terrain. Pilier de cette sélection de jeunes, il avait notamment tenu tête au Mexique, arrachant un 0-0 qui avait marqué les esprits.

Le milieu récupérateur a ensuite enchaîné les titres. Avec le Real Hope FA, club du Cap-Haïtien, il est sacré champion d’Haïti en 2024. De retour au Violette, il réalise une saison 2025-2026 pleine : double champion national, sur les deux phases du championnat, et élu meilleur joueur de la phase de clôture. Capable de jouer des deux pieds et d’assurer une relance propre, il s’est imposé comme l’un des meilleurs éléments du championnat haïtien.

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