Cuba connaît, mardi 14 juillet, une nouvelle déconnexion totale de son réseau électrique, la troisième en mois de dix jours sur l’île soumise à un blocus pétrolier américain, a annoncé la compagnie nationale d’électricité. « A 11 h 05 [17 h 05 à Paris] s’est produite une déconnexion totale du système électrique national », privant de courant les 9,6 millions d’habitants du pays, a fait savoir l’Union électrique de Cuba (UNE).
Il s’agit de la troisième coupure générale depuis le début du mois de juillet et de la cinquième depuis le début de l’année. La cause n’a pas encore été annoncée par les autorités. Les deux dernières ont eu lieu la semaine dernière. Il avait fallu à chaque fois plus de vingt-quatre heures à la compagnie nationale pour rétablir le réseau dans l’ensemble de l’île, même si les très longs délestages persistent en raison de la faible production d’électricité.
Depuis la fin de 2024, le réseau électrique cubain subit régulièrement des coupures générales ou partielles en raison de la vétusté des infrastructures et de la pénurie de carburant. Mais la situation s’est encore aggravée depuis que Washington empêche les livraisons de carburant pour alimenter des groupes électrogènes. Ces derniers complètent la production de sept centrales thermiques vieillissantes, qui subissent des pannes fréquentes ou doivent être arrêtées pour maintenance.
Rapports tendus avec Washington
Les relations entre les Etats-Unis et Cuba se sont considérablement tendues depuis le début de l’année, notamment après la capture du président vénézuélien, Nicolas Maduro, un allié du gouvernement cubain. Les deux pays sont en difficiles pourparlers. A la fin de juin, le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, a reconnu qu’il n’y avait « aucun progrès » dans les négociations en cours.
Donald Trump estime que l’île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de Floride, constitue « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Il a plusieurs fois averti qu’il pourrait en « prendre le contrôle ». Outre le blocus pétrolier, Washington a édicté une batterie de sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains.
Lundi 7 juillet, après une panne, le président cubain, Miguel Diaz-Canel, avait mis directement en cause la politique américaine de sanctions contre l’île, accusant Washington de vouloir « provoquer un soulèvement social en étouffant le pays » et qualifiant de « génocidaire » le blocus énergétique en vigueur depuis janvier 2026. Lundi, sur le réseau social X, il a de nouveau dénoncé l’« acharnement [des Etats-Unis] à étrangler notre économie ».