Des marchands de volailles ont déjà pris place devant la façade de la radio Fivoarana, dans la commune d’Imerintsiatosika, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la capitale malgache, Antananarivo, lorsque le député Antoine Rajerison arrive dans son 4x4 blindé. C’est dans les locaux de la station qu’il a créée en 2021 que cet ingénieur agronome recueille les doléances de ses concitoyens, là où sa popularité est née à force de prodiguer via les ondes ses conseils aux paysans de la région de l’Itasy.
« A la radio, nous parlons des nouvelles techniques d’élevage, des calendriers culturaux et nous luttons contre l’insécurité. Les habitants se préviennent en direct de la présence de voleurs de zébus, et la gendarmerie est alertée de la même façon », énumère l’élu.
Depuis fin mai, le signal est brouillé, privant une partie des auditeurs de leurs programmes favoris. Aucune procédure officielle n’a été lancée contre le média, mais le député soupçonne un acte de représailles. Deux semaines auparavant, il a attaqué frontalement le régime de transition en demandant la destitution du chef de la junte, Michaël Randrianirina, dans une requête adressée à la Haute Cour constitutionnelle (HCC).
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