Elisha Alam reconnaît avoir eu peur. Durant deux jours, ce jeune Kényan de 31 ans a été séquestré par plusieurs hommes armés après avoir été enlevé, le 25 juin à Nairobi, alors qu’il participait à une manifestation. A la tête d’un mouvement qui vise à mobiliser la jeunesse au Kenya, il a pris part à toutes les contestations qui ont secoué le pays ces dernières années. Il était dans la rue en 2024, lorsque la « gen Z » kényane s’est opposée à la loi de finances publiques et aux nombreuses taxes qu’elle prévoyait, puis à nouveau en 2025, lorsque des manifestations contre le gouvernement ont éclaté. Ces mobilisations ont été violemment réprimées : au total, 127 personnes sont mortes lors des mouvements de 2024 et 2025.
Le 25 juin, Elisha Alam était donc à nouveau dans les rues de la capitale, lors d’un défilé prévu en hommage à ces victimes. La police avait été massivement déployée dans le centre-ville de la capitale, des barrages routiers avaient été montés. Strictement encadrées par les forces de l’ordre, une cinquantaine de personnes ont fini par pénétrer dans l’enceinte du Parlement – où la police avait ouvert le feu contre des manifestants, le 25 juin 2024 – pour y déposer des fleurs. C’est à ce moment-là qu’Elisha Alam et cinq de ses camarades ont été enlevés. Dans une vidéo qui a largement circulé sur les réseaux sociaux, on les voit être traînés de force jusqu’à un camion par des hommes en civil masqués, aidés par des membres des forces de l’ordre.
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