Une attaque perpétrée par des djihadistes suspectés d’appartenir au groupe Lakurawa, visé par les frappes aériennes américaines en décembre dernier, a fait 20 morts dans le nord-ouest du Nigeria, selon un rapport de sécurité confidentiel rédigé par les Nations unies, a appris l’Agence France-Presse (AFP) dimanche 14 juin.
Selon le rapport consulté par l’AFP, les djihadistes ont mené un raid contre la communauté de Fesken Rafi, dans le district d’Arewa, dans l’Etat de Kebbi, près de la frontière avec le Niger. D’après les médias locaux, le raid aurait eu lieu il y a quelques jours, mais n’a été rapporté que ce week-end, après la visite du vice-gouverneur de l’Etat de Kebbi dans la région. L’attaque est survenue après une accalmie des violences perpétrées par Lakurawa ces derniers mois, selon le rapport.
L’armée américaine a frappé certaines zones du nord-ouest du Nigeria le 25 décembre dernier. Ces frappes visaient, selon le gouvernement nigérian, des combattants de l’Etat islamique, le groupe Lakurawa et des gangs criminels. Le bilan de ces frappes reste inconnu, mais les Etats-Unis ont affirmé qu’elles avaient tué un grand nombre de djihadistes, tandis que les autorités nigérianes assuraient que les combattants avaient été « affaiblis » par les opérations militaires. Lakurawa est resté actif le long de la frontière entre le Nigeria et le Niger, malgré les efforts déployés par les forces de sécurité pour le chasser du Kebbi.
Groupes djihadistes et bandes criminelles, appelés « bandits » par la population, adeptes des enlèvements contre rançon et du vol de bétail, terrorisent les communautés du nord et du centre du Nigeria. Ils mènent des attaques meurtrières et imposent des taxes aux agriculteurs souhaitant accéder à leurs propres champs.
Attaques meurtrières, vol de bétail et imposition de taxes aux communautés
Le rapport met en garde contre la possibilité que ce groupe djihadiste représente une « menace transnationale » en raison de sa composition multinationale, ce qui complique les efforts de lutte contre le terrorisme. Certains chercheurs établissent un lien entre Lakurawa et l’Etat islamique dans le grand Sahara, actif principalement au Mali et au Niger.
Selon des responsables locaux, le groupe originaire du Mali, du Niger et du Burkina Faso est entré au Nigeria en 2018, s’est implanté au Kebbi et dans l’Etat voisin de Sokoto en 2018, mais n’est devenu actif qu’en 2023. Il s’est installé dans la forêt de Tsauni, au Kebbi. Depuis leurs camps forestiers, ses membres mènent des attaques meurtrières, volent du bétail et imposent des taxes aux communautés.
Le mois dernier, sept soldats nigérians ont été tués dans une embuscade tendue par des membres de Lakurawa au Sokoto, selon l’armée et des sources locales. L’insurrection djihadiste au Nigeria, menée principalement par Boko Haram et sa faction rivale, le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest, a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes.