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Géopolitique

Aux Etats-Unis, le Parti démocrate au défi de l’unité

Les primaires qui viennent de se tenir dans le Michigan, un Etat-clé des élections de mi-mandat de novembre, confirment les fractures au sein des démocrates américains et rappellent l’urgence pour le parti de combler son vide programmatique.

Aux Etats-Unis, le Parti démocrate au défi de l’unité
HaitiCreoleRadio.com

Aux Etats-Unis, le Parti républicain s’avance vers les élections de mi-mandat qui se tiendront en novembre avec un sérieux handicap : le rejet massif que suscite Donald Trump. De la décision funeste d’attaquer l’Iran au renoncement à toute forme d’éthique, en passant par l’obsession digne d’un potentat de laisser sa marque à Washington, le locataire de la Maison Blanche ne cesse d’attiser les critiques d’une forte majorité de ses concitoyens.

Traditionnellement, le parti qui occupe la présidence enregistre des revers à l’occasion des élections intermédiaires. Cette année encore, le contrôle de la Chambre des représentants et peut-être du Sénat est donc en jeu. Une déroute annoncerait la fin politique d’un président octogénaire et qui ne peut se représenter. C’est pour cette raison que Donald Trump a tout mis en œuvre pour limiter l’ampleur du vote sanction attendu, notamment en forçant les Etats dirigés par le Parti républicain à se lancer dans un charcutage électoral qui réduit la valeur démocratique du vote.

Le Parti démocrate est loin d’avoir partie gagnée, pour cette raison mais aussi du fait de ses propres faiblesses. Même si cette présidence abrasive et vociférante constitue un puissant adjuvant électoral, il continue d’afficher ses divisions. Les primaires qui viennent de se tenir dans le Michigan, un Etat-clé des élections de mi-mandat, en ont donné une illustration.

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La course pour le siège du sénateur Gary Peters, qui n’a pas souhaité se représenter, a été remportée côté démocrate par l’aile gauche, incarnée par un quadragénaire, Abdul El-Sayed. Ce dernier milite pour un système de santé universel aux Etats-Unis, tout en critiquant avec force le militarisme d’Israël, deux marqueurs idéologiques devenus centraux.

Cette gauche américaine qui a été tirée de la léthargie depuis une décennie par le sénateur du Vermont Bernie Sanders cohabite difficilement avec l’aile plus modérée des démocrates. La virulence des primaires du Michigan, teintées de dégagisme, en a donné un aperçu, et l’étroitesse de la victoire d’Abdul El-Sayed témoigne de la résistance de cette dernière. Si le candidat « progressiste » ne conserve pas ce siège en novembre, alors que le contrôle du Sénat pourrait tenir à une voix, nul doute que les critiques dénonceront l’effet repoussoir des idées défendues par cette gauche démocrate en dehors de ses bastions progressistes, le plus souvent urbains.

Ces idées, en vérité, comblent un vide programmatique que la présidence de Joe Biden, entre son refus de prendre en compte la question de l’immigration illégale et son déni concernant la persistance de l’inflation, a laissé entier. Il y a urgence pour les démocrates à élaborer un contrat social qui tire les leçons de la défaite de 2024 tout en prenant en compte ce que méprise, hélas, la présidence de Donald Trump, comme le dérèglement climatique ou les effets potentiellement mortifères de la révolution de l’intelligence artificielle.

Cette vision pourrait rapprocher, sinon réconcilier, ces deux ailes démocrates, et éviter une fracture persistante, souvent acerbe, susceptible de conduire à la défaite lors de la présidentielle de 2028. Elle faciliterait également la sélection du candidat capable de la défendre. Dans deux ans, en effet, les démocrates ne pourront plus compter sur le rejet de Donald Trump pour mobiliser leurs électeurs et espérer gagner des élections.

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Le Monde

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