Un burrito peut parfois n’être qu’un burrito. Mais il peut aussi symboliser bien plus”, note The Washington Post.

Le juste prix de cette modeste spécialité mexicaine - très populaire aux États-Unis –, fait depuis “trois jours” l’objet d’un vaste débat qui enflamme la droite américaine et s’est propagé des réseaux sociaux jusqu’aux plus hauts échelons du parti républicain, raconte le quotidien.

Tout a commencé lorsque Andrew Kolvet, un porte-parole de l’organisation de jeunesse conservatrice Turning Point USA a rapporté le 4 août, dans un message sur X, les propos d’un étudiant déplorant que le coût d’un burrito - simple tortilla (galette de blé) garnie de viande, de riz et de haricots, puisse désormais coûter jusqu’à 20 dollars. “Il est vrai que c’est dû en grande partie aux suites du Covid et de l’inflation sous Biden, mais l’expérience quotidienne est la même : l’impression que des produits de base coûtent trop cher”, a-t-il déploré.

“C’est alors que le producteur de podcasts Joel Berry est intervenu en faisant remarquer que sa femme ’avait préparé des burritos maison pour toute notre famille de huit personnes, pour moins de 20 dollars au total’”, relate l’éditorialiste du journal conservateur The New York Post, Karol Markowicz. “Je commence à penser que la crise du pouvoir d’achat est en réalité une crise du ’je ne sais pas cuisiner’”, a-t-il ajouté, déclenchant, selon elle, “une violente passe d’armes”.

“Fracture” au sein du parti républicain sur le pouvoir d’achat

Ce “burritogate”, comme l’appelle l’éditorialiste, qui a généré des millions de vues sur X, s’est transformé depuis “en un débat plus large sur le coût de la vie” aux États-Unis, à quelques mois des élections de mi-mandat de novembre, note USA Today.

Le prix du burrito a révélé une “fracture au sein du parti républicain autour de la question du pouvoir d’achat”, note le quotidien américain.

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“Vous avez d’un côté, les conservateurs qui affirment que les burritos ne coûtent même pas 20 dollars et qu’il est de toute façon possible de les préparer pour bien moins cher à la maison – ou qu’il suffit de manger des nouilles instantanées ! Et de l’autre, des conservateurs qui persistent à dire que la nourriture coûte désormais plus cher et que les électeurs sont préoccupés par la hausse des prix. Selon eux, le Parti républicain doit en tenir compte s’il veut remporter les élections de mi-mandat”, résume The Washington Post.

Le débat confirme le malaise du Grand Old Party sur la question de l’inflation, qui a augmenté de 3,5 % en juin. Selon une enquête d’opinion de l’université Marquette, le coût de la vie est cité par 35 % des personnes interrogées comme étant leur principale préoccupation, loin devant la guerre en Iran.

Pour Ryan Bourne, membre du Cato Institute, un groupe de réflexion libertarien, le “burritogate” servirait d’ailleurs de “moyen détourné, au sein de la droite” pour régler les divergences sur “ce qu’il convient de faire concernant la guerre en Iran”, rapporte The Washington Post. “D’un côté, certains considèrent que le parti a perdu de vue ses priorités et devrait se concentrer sur les préoccupations majeures des Américains, comme le pouvoir d’achat. De l’autre, selon lui, certains souhaitent que l’opération se poursuive et ils disent aux Américains de s’accommoder du problème”.

Le vice-président J. D. Vance, qui a déjà reconnu cette année que le coût de la vie était un vrai sujet de préoccupation pour les Américains, s’est lui-même mêlé au débat sur X. Il s’en est pris aux propos de l’éditorialiste républicain Marc Thiessen qui avait accusé les étudiants de “pleurnicher” sur leur sort. “Si jamais vous l’avez déjà rencontré en personne, vous savez qu’il n’est pas le genre d’homme à refuser un burrito”, a taclé le possible candidat à la succession de Donald Trump, en ironisant sur la corpulence de Marc Thiessen.