D’après Google Maps, les coordonnées GPS indiquées par Xavier Sengelen correspondent à un coin de nature non loin de la petite ville alsacienne d’Obernai. “Vous me trouverez dans les jardins”, écrit-il, par message. Au milieu des poireaux.

Ce champ de poireaux de la Ferme de Truttenhausen (48 °25’37.7’’N 7 °26’18.6’’E) est peut-être un bon point de départ pour tenter de comprendre la fureur qui s’est emparée de l’Hexagone, cette convergence des colères qui rassemble des Français de tous horizons, des lycéens aux agriculteurs.

“Ah oui, c’est un tournant, confirme Xavier Sengelen d’un hochement de tête sous sa capuche. Tout est en train de converger dans un grand mouvement social.”

Le reste du monde a surtout vu les images des cortèges et des pillages parisiens du 17 octobre. Peut-être aussi celles de Marseille et, bien sûr, celles du beffroi de l’hôtel de ville de Limoges dévoré par les flammes. Mais la contestation a gagné plus d’une centaine de villes au total, dans tout le pays. Y compris Strasbourg, la capitale alsacienne. Ici aussi, des manifestants ont défilé dans le calme, et se sont rassemblés sur la place Kléber, à quelques encablures de la cathédrale, comme convenu avec la préfecture. Ils étaient entre 20 000 et 25 000.

À Strasbourg aussi, des individus cagoulés ont inf