“BON DÉBARRAS ! Quinze ans que les Bêtocrates promettent que le ‘changement climatique’ va détruire la Planète, mais le Comité Climat numéro un des Nations unies [autrement dit, le Giec] vient d’admettre que ses propres projections (RCP8.5) étaient FAUSSES ! FAUSSES ! FAUSSES ! Contrairement aux Bêtocrates, […] mon Gouvernement s’appuiera toujours sur LA VÉRITÉ, LA SCIENCE ET LES FAITS !”
Sans surprise, ce commentaire tout en nuances et plein de majuscules, publié à la mi-mai par Donald Trump sur les réseaux sociaux, a suscité la polémique outre-Atlantique. Et, sans surprise, il est pétri de contrevérités. D’abord, le Giec n’a rien à voir dans l’histoire. “Cela paraît peut-être illusoire de soumettre les propos du président à un fact checking, mais il faut bien savoir qu’aucun comité des Nations unies (qu’il soit ‘numéro un’ ou pas) n’a fait quoi que ce soit sur le RCP8.5”, rectifie le site d’information Canada’s National Observer.
Le RCP8.5, c’est le scénario catastrophe de l’évolution du climat, celui selon lequel la planète se réchaufferait de 4,4 °C d’ici à 2100 par rapport aux niveaux préindustriels. Et c’est dans un article scientifique publié début avril dans le cadre du projet international de coordination des modèles climatiques (CMIP) qu’il en est question. Régulièrement, les chercheurs mettent à jour ces modèles qui permettent de décrire comment le climat réagirait aux conditions fixées par un scénario donné et qui alimentent les travaux du Giec. Et cette année, ils ont abandonné le RCP8.5, qui avait été proposé en 2011. Non pas parce qu’il est “faux, faux faux”, mais parce qu’il “n’est plus plausible, compte tenu de l’évolution des coûts des énergies renouvelables, de la mise en place de politiques climatiques et des tendances récentes en matière d’émissions” de gaz à effet de serre.
N’en déplaise à Donald Trump donc, “même si elles sont souvent lentes et lacunaires, les initiatives que nous avons entreprises pour faire face au changement climatique ont concrètement changé la donne, écrit ainsi le climatologue Andrew King dans The Conversation. Nous avons évité la pire version de l’avenir climatique que nous avions envisagée.”
Ne nous félicitons toutefois pas trop vite. Dans la version mise à jour des modèles, le scénario le plus optimiste, celui qui limitait le réchauffement à 1,5 °C, conformément à l’accord de Paris, a lui aussi disparu. Dans le meilleur des cas, on arriverait à 1,9 °C en 2100 ; dans le pire des cas, à 3,5 °C. Quant au scénario intermédiaire, qui tient compte des politiques actuelles, il se traduirait par une hausse de 2,6 °C.
“Il faut se réjouir de ce progrès, mais sans l’exagérer, relativisent trois chercheurs dans un article cité par le Canada’s National Observer. Le calcul implacable du changement climatique est le suivant : tant que les émissions de CO2 seront supérieures à zéro, la planète continuera de se réchauffer.” Avec les conséquences dont on observe déjà les prémices.
“Les futurs scénarios relatifs aux émissions de CO2 seront déterminés par des choix politiques, rappelle de son côté le Bulletin of the Atomic Scientists, une revue scientifique américaine. Mais le réchauffement associé à ces émissions est déterminé par la physique.” Il n’y a donc qu’une seule solution : arriver à la neutralité carbone. Le plus vite possible.
Pascale Boyen
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Total et l’éolien aux États-Unis, suite et pas fin
Une coalition de sept États démocrates aux États-Unis a porté plainte contre l’administration Trump après le versement de près de “1 milliard de dollars d’argent public” au groupe français Total “pour qu’il renonce à construire des parcs éoliens en mer”, rapporte CNN. Cette action en justice fait valoir que l’accord “prive ces États d’une énergie dont ils ont grand besoin, et pourrait [y] entraîner une hausse du coût de l’électricité”. Pour en savoir plus, c’est ici.
Les grêlons du dérèglement climatique
La revue Nature alerte à la une de son édition du 28 mai sur l’aggravation des ravages causés par la grêle en raison du changement climatique. Selon une étude de l’université de Pékin, les vents violents, la hausse des températures et de l’humidité favorisent la formation de grêlons de taille supérieure à 30 millimètres de diamètre. “Au cours des deux dernières années, des orages de grêle ayant causé des dégâts se chiffrant en milliards de dollars américains se sont produits à plusieurs reprises”, écrivent les chercheurs, qui tablent sur une augmentation de 40 % des dommages dus aux épisodes de grêle d’ici à la fin du XXIe siècle. Pour en savoir plus, c’est ici.
La “force de chaleur” néerlandaise
Depuis le 2 juin, les bulletins météo aux Pays-Bas, qui ont également connu une vague de chaleur exceptionnelle en mai, font appel à un nouveau mot, hittekracht (“force de chaleur”). C’est un indice, qui se déploie sur une échelle de 1 à 10, destiné à mieux mesurer les conséquences de la chaleur sur la population. Car “30 degrés auront beaucoup plus d’effet sur le corps humain par une journée humide et sans vent que par une journée peu humide et agrémentée d’une petite brise rafraîchissante”, explique De Volkskrant. Pour en savoir plus, c’est ici.
Patagonia contre Pattie Gonia
La drag-queen Pattie Gonia contre-attaque, alors que Patagonia, la marque de vêtements de sport californienne, a déposé plainte contre elle pour contrefaçon le 21 janvier. L’influenceuse, qui a “récolté près de 4 millions de dollars pour des associations” de défense de l’environnement, notamment en dansant “au sommet des montagnes en bottes à talon de 15 centimètres”, accuse l’entreprise de “tenter d’effacer une militante”, rapporte The Guardian. Pour en savoir plus, c’est ici.
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Vous venez de lire l’édition no 145 de Climatiques.
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