Trois navires ont été attaqués en vingt-quatre heures dans le détroit d’Ormuz, a rapporté l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, le Qatar accusant dans un cas l’Iran d’avoir ciblé l’un de ses méthaniers, malgré le cessez-le-feu entre Téhéran et Washington.
Le premier navire a été touché, lundi 6 juillet, « par un projectile non identifié sur le côté bâbord » au large d’Oman, provoquant un incendie, selon l’UKMTO. Le Qatar a annoncé qu’il s’agissait de l’un de ses méthaniers, Al-Rakayyat, et dénoncé une « attaque inacceptable ».
« Nous tenons l’Iran pleinement responsable, sur le plan juridique, de cette attaque et de tous les dommages ou répercussions qui pourraient en découler », a affirmé le porte-parole du ministère des affaires étrangères qatari, Majed Al-Ansari.
Il a appelé Téhéran à « cesser immédiatement toute action compromettant la sécurité régionale ou menaçant la sécurité de la navigation internationale », ainsi qu’à « s’abstenir de mettre en danger l’approvisionnement énergétique mondial ».
Sans les attribuer, l’agence UKMTO a ensuite signalé, mardi 7 juillet, deux autres incidents : un pétrolier touché par un projectile non identifié, subissant « des dommages structurels », et un navire-citerne frappé par un drone d’origine inconnue. Dans les trois cas, l’agence a fait savoir qu’il n’y avait eu ni blessés ni dégâts environnementaux.
Le trafic maritime toujours menacé
Le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures, est l’un des principaux points de blocage des discussions entre l’Iran et les Etats-Unis pour mettre fin durablement à la guerre régionale, dans lesquelles le Qatar s’est imposé comme un médiateur-clé. Les pétromonarchies du Golfe, alliées de Washington, avaient été la cible d’attaques iraniennes inédites pendant la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par une offensive israélo-américaine contre Téhéran le 28 février.
Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit, alors que l’Iran a pris le contrôle du détroit d’Ormuz, en représailles aux frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant, pour leur part, un blocus aux ports iraniens.
Le trafic maritime a repris après la signature d’un protocole d’accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin aux hostilités dans l’attente d’un règlement durable.
Vingt millions de barils par jour
Mais l’Iran répète, en dépit de l’opposition des Etats-Unis, qu’il n’y aura pas de retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes.
Le site américain Axios a rapporté, lundi soir, que l’Iran avait « tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux », citant deux responsables américains. Selon l’un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants. L’Agence France-Presse n’a pas été en mesure de confirmer ces informations.
Ces perturbations du trafic dans le détroit interviennent alors que l’Iran organise depuis samedi des funérailles nationales de six jours pour son ancien Guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines.
En 2024, environ 20 millions de barils de brut circulaient quotidiennement à Ormuz, l’équivalent de près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l’Agence d’information sur l’énergie américaine.