Peter Murrell, l’ex-mari de l’ancienne première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a été condamné mardi 23 juin à cinq ans et trois mois de prison pour avoir détourné des fonds du Parti national écossais (SNP), lorsqu’il en était le directeur général.
A la fin de mai, il avait plaidé coupable devant la Haute Cour d’Edimbourg d’avoir détourné plus de 400 000 livres (463 000 euros) pour s’acheter notamment des biens de luxes et deux voitures. M. Murrell, 61 ans, avait été arrêté en avril 2023, puis inculpé en 2024, dans le cadre d’une longue enquête de la police écossaise sur les finances de son parti.
Cette enquête avait été rendue publique peu après la démission surprise de Mme Sturgeon du poste de première ministre, en février 2023. Elle avait elle-même été arrêtée pour être interrogée et avait clamé son innocence à l’issue d’une garde à vue à la suite de laquelle aucune charge n’avait été retenue contre elle. Son ex-mari avait, lui, dû démissionner de la direction du SNP qu’il occupait depuis vingt ans.
« Vos actes ont constitué une grave violation de la confiance que vous avait accordée l’organisation que vous dirigiez, ainsi que ses membres et donateurs individuels », a déclaré le juge James Young lors de l’audience devant la Haute Cour mardi durant laquelle il a annoncé sa peine à M. Murrell.
« Profondément consternée »
Il a aussi affirmé avoir pris en compte « la nécessité de dissuader tout responsable de haut niveau dans de grandes organisations, de céder à la tentation d’abuser de sa position comme [M. Murrell l’a] fait », dans le choix de la peine qu’il lui a infligée.
Après que celui-ci a plaidé coupable à la fin de mai, Nicola Sturgeon s’était dite « profondément consternée » par les actions de son ex-mari, mais aussi « en colère, blessée, triste et très bouleversée par les conséquences de ses actes sur sa famille, ses amis et le SNP ». Mme Sturgeon, l’une des principales figures du mouvement indépendantiste, a elle-même été blanchie l’année dernière. Elle a renoncé à son mandat de députée plus tôt cette année, mettant fin à près de trente ans de carrière.
Le SNP domine la vie politique écossaise depuis 2007, même si sa popularité s’est émoussée ces dernières années. La semaine dernière, le parti a conservé un siège et en a perdu un au profit des conservateurs lors de deux élections partielles.