Victime depuis des années des étés interminables où le mercure caracole à 35 °C pendant des semaines, le Japon observe avec attention le débat à propos de la climatisation en France. “Il fait plus chaud que chez nous. Ce qui m’a surpris le plus, c’est qu’ici, ni le train ni le bus ne sont climatisés. J’avais l’impression d’être dans un sauna”, commente, exaspéré, un touriste japonais à la chaîne de télévision FNN. Alors que le 23 juin, le thermomètre a atteint 44,3°C à Pissos (Landes), établissant un potentiel record absolu de température dans l’Hexagone, seuls 24 % des foyers français sont équipés de climatiseurs, poursuit la chaîne. Et d’ajouter : “L’adaptation aux vagues de chaleur due au changement climatique représente un grand défi ici.”

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Cette absence de climatiseurs en France est en effet un sujet récurrent dans la presse japonaise : “A Paris, il n’est pas possible d’installer l’unité d’extérieur sans autorisation de la mairie. En outre, peu de personnes envisagent de climatiser leur domicile pour des raisons environnementales et économiques”, observait la chaîne TBS pendant la canicule d’août 2025. “Fermer les volets. Voici la méthode étonnante employée lors des vagues de chaleur en France, pays sans climatisation”, écrivait la journaliste basée en France Yuki Kanmuri la même année sur le site Newsphere.

“On mettrait des vies en danger”

Si l’absence de climatiseurs en France surprend les Japonais, c’est que, dans l’archipel, ce même débat est clôturé depuis des années. Selon les statistiques gouvernementales, quasi 100 % des écoles primaires et collèges publics sont équipés de climatiseurs, et plus de 90 % des foyers japonais en disposent d’un ou de plusieurs.

Sur place, la climatisation est considérée comme une infrastructure de base permettant de sauver des vies. En 2016, le quotidien Nihon Keizai Shimbun publiait déjà un article intitulé “Il est impossible de passer l’été au Japon sans climatiseurs”. Entre juin et septembre, l’archipel fait face non seulement aux températures élevées mais aussi à l’humidité importante, une combinaison qui ne permet même plus au corps d’évacuer la chaleur par évaporation (par la sueur). À l’époque, plus de 10 000 personnes par an étaient transportées en urgences en raison de fortes chaleurs. “En rejetant la climatisation, on mettrait des vies en danger”, avertissait l’article.

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Contrairement à l’année dernière, où l’archipel a enregistré l’été le plus chaud depuis le début des relevés météorologiques en 1898, les températures restent plutôt douces en ce mois de juin au Japon, oscillant entre 20 et 30°C. Les autorités restes néanmoins vigilantes : “Le gouvernement de Tokyo appelle à recourir à la climatisation dès que c’est nécessaire pour se protéger contre la chaleur”, souligne la chaîne de radio locale Tokyo MX.