Aux États-Unis, l’année 2026 devait donner lieu à une vaste commémoration nationale pour célébrer les 250 ans de l’indépendance. Mais, depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025, les festivités ont pris une tournure bien différente.
En créant en décembre dernier Freedom250, une filiale de la National Park Foundation, le président américain organise “une fête politique moins axée sur le pays que sur sa propre personne”, résume CNN. “Les activités [de Freedom250] sont en grande partie supervisées par ses plus proches conseillers”, note le site de la chaîne, et les mécènes entretiennent des liens avec l’État ou avec Donald Trump lui-même.
Omniprésence chrétienne
En organisant plusieurs événements pour les commémorations, cette structure entre directement en concurrence avec America250, un “organisme bipartisan créé par le Congrès” dès 2016 pour le 250e anniversaire, précise The Guardian.
Les controverses autour de la dimension politique de Freedom250 ont notamment émergé à la suite du lancement des Freedom Trucks, six musées itinérants destinés à sillonner le pays. Leur contenu, élaboré par des organisations conservatrices, suscite de vives critiques. USA Today rapporte que leurs opposants dénoncent “des récits dévoyés de l’histoire du pays, portés par une idéologie nationaliste et chrétienne”.
En mai, Freedom250 a aussi organisé sur le National Mall, à Washington, une journée de prière et d’action de grâce réunissant une très large majorité de participants chrétiens. À cette période, The Guardian soulignait que “l’événement, organisé avec l’appui de la Maison-Blanche, s’[était] attiré de nombreuses critiques, accusé d’estomper la séparation entre l’Église et l’État”. Plusieurs responsables républicains, tels que le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, y côtoyaient des figures religieuses.
“Une tribune aux organisations conservatrices”
D’autres festivités lancées par Freedom250, comme une série de concerts entre la fin de juin et la mi-juillet, ont par ailleurs été boycottées par les musiciens programmés. Plusieurs ont affirmé ne pas être au courant de leur supposée programmation, et d’autres ont regretté la dimension partisane de ces célébrations.
Plusieurs États dirigés par des gouverneurs démocrates ont également décliné l’invitation à participer à la Great American State Fair, la grande foire nationale organisée sur le Mall de Washington, supervisée par Freedom250. “Certains ont invoqué des contraintes budgétaires, d’autres le risque d’instrumentalisation politique des festivités”, écrit The New York Times.
Le point d’orgue des célébrations est attendu le 4 juillet, avec un défilé militaire et un grand feu d’artifice dans la capitale fédérale. À la fin de juin, CNN regrettait déjà que les initiatives organisées par la structure “reflètent les valeurs de Donald Trump et offrent une tribune aux organisations conservatrices pour imposer leur propre vision de cet anniversaire”.
À l’approche des festivités des 250 ans de l’indépendance, les Américains ont le spleen
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