Leur cœur bat la chamade. Qu’ils vivent à Madrid, Barcelone ou partout dans le monde, tous les Espagnols “pleurent, rient, s’étreignent”. Leurs âmes s’élèvent sur un “petit nuage” vers les étoiles, prenant peu à peu conscience “de l’expérience unique qu’ils viennent de vivre”, raconte le journal madrilène ABC, impatient d’écrire la phrase que toute une nation attend : “L’Espagne est à nouveau championne du monde.”
En 2010, il avait fallu attendre la 116ᵉ minute pour qu’Andrés Iniesta inscrive le but de la délivrance en finale du Mondial en Afrique du Sud, face aux Pays-Bas. Dimanche 19 juillet, sur la pelouse du stade de New York/New Jersey, c’est Ferran Torres, qui a parfois été “victime” de moqueries ces dernières années pour son inefficacité devant les cages, qui est devenu “un héros national à jamais” en marquant l’unique but de la victoire face à l’Argentine à la 105ᵉ minute, s’émeut le journal Información, de la région Valence, où est né le numéro 7 espagnol.
“L’Espagne, c’est pour toujours, carajo ! [bordel !]” s’exclame le quotidien conservateur El Mundo, en reprenant ironiquement l’expression consacrée du président argentin Javier Milei. “Quand il faut jouer au foot, on joue au foot, et on gagne”, poursuit le journal, en dressant les louanges du collectif espagnol. Une équipe qui n’a encaissé qu’un but en huit matchs lors de cette Coupe du monde, et dont la fluidité du jeu est reconnue et applaudie par-delà les frontières du pays.
“Le triomphe des gens ordinaires”
Peu importe l’adversaire, la sélection de Luis de la Fuente “reste fidèle à son style, enchaîne les passes, joue avec élégance”, déroule ABC. “C’est le triomphe des gens ordinaires”, renchérit El Mundo, qui associe chaque joueur de l’effectif espagnol à une activité de la vie quotidienne : “Des gens comme Unai [Simón, le gardien de but], qui pourrait être le chauffeur du bus, comme [Pedro] Porro, le plombier, comme [Pau] Cubarsí, l’intello”…
Depuis la Catalogne, El Periódico de Catalunya remarque que l’engouement autour de la Roja n’a jamais été aussi grand en Espagne, pays très décentralisé et marqué par de forts régionalismes. La finale de dimanche a battu “tous les records d’audience”, frôlant même les 90 % de parts de marché au moment de la prolongation.
Cette fois-ci, même Lionel Messi, que beaucoup d’Espagnols (en particulier à Barcelone) considèrent comme le plus grand footballeur de l’histoire, “n’a pas pu sauver son Argentine”, constate El Progreso, journal diffusé en Galice, dans le nord-ouest de la péninsule Ibérique. L’Espagne tient sa deuxième étoile, et elle le mérite amplement, s’accordent les journaux locaux.
Ils rencontrent l’amour grâce à la Coupe du monde
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