«Jeune et laide» le 1er album musicalement métissé de Camille Yembe
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Après le succès du titre « Plastique » et d'un EP l'an dernier, la chanteuse belgo-congolaise Camille Yembe vient de sortir un premier album salué par la critique et intitulé Jeune et laide.
Camille Yembe n'a que 29 ans mais déjà plusieurs années derrière elle dans la musique comme plume d'artistes pour Aya Nakamura ou le rappeur Tiakola.
Dans ce premier album intitulé Jeune et laide elle se livre sans détour, raconte son parcours cabossé dans lequel peuvent se reconnaître d'autres jeunes de quartiers populaires. Sur le titre « Rien à fêter », elle chante notamment « Je suis jeune, laide, noire et le nez épaté ». Un titre en forme de manifeste, qui restitue autant les complexes dont elle a pu souffrir adolescente mais également métaphoriquement les difficultés de sa jeunesse.
« Effectivement à un moment donné, je pense que je me suis trouvée laide, dans le sens où j'avais du mal à m'accepter très jeune, reconnaît Camille Yembe. Que ce soit mes cheveux, mon nez épaté en effet. Mais c'est parce qu'on vit dans une société où la blanchité est mise à l'honneur ainsi que les traits fins. Et donc parfois on met du temps à se rencontrer en temps que personne afro-descendante. Mais c'est aussi le laid de la vie en fait. Il y a des jeunesses qui sont vraiment laides, où c'est plus compliqué que pour d'autres et je trouve important de mettre cela en lumière aussi. »
Exorciser une jeunesse compliquée
La chanteuse née à Molenbeeck commune bruxelloise, d'une mère belge et d'un père congolais, a été mis à la porte par son beau-père alors qu'elle avait 16 ans. Elle le raconte sur ce titre déchirant : « Je l'ai jamais dit à personne ». Elle s'y interroge : « où est mon père, mon pays, mes traditions ? ».
Camille Yembe parle de son père retourné en RDC et de ses origines congolaises. Elle a d'ailleurs inséré un enregistrement de la voix de son père sur le titre « Interlude - L'étoile ».
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Il y fait référence à la puissance de l'étoile, même cabossée. Et Camille Yembe a tenu à faire figurer le symbole sur la pochette de l'album : « Sur la pochette, il y a un beau grand drapeau qui est celui de la RDC qui est revisité avec des symboles forts : il y a une bande léopard qui signifie la force, la résilience et puis une étoile qui est un peu cabossée, plus aussi parfaite qu'au début. C'était important pour moi de me réapproprier le drapeau mais d'en faire quelque chose de très personnel sous lequel tout le monde peut se mettre. »
Métissage des styles
Pop, chanson, rap et même parfois rythmiques jazz, Camille Yembe fait siennes des influences diverses sans se ranger sous une bannière en particulier : « Moi le premier truc que je me suis dit quand j'ai commencé l'album, c'est pas la question du genre musical mais c'est plus la question du récit. Ce qui fait le point d'ancrage c'est le récit d'une femme afro-descendante issue de milieu populaire. Je devais raconter ma vie. Et après la musique, mon challenge était de ne pas me censurer. Le projet de Theodora m'a aidé à me dire que notre profil, notre caractère, notre récit nous aide à dépasser le genre musical. »
Camille Yembe qui vient de sortir son premier album « Jeune et laide » sera en tournée cet automne, avec un passage à la Cigale à Paris le 2 novembre 2026.
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