Depuis le début de l’année 2026, TikTok et Instagram relaient “des images de rayons vides et de clients ronchons” errant dans les supermarchés allemands, “privés de leur marque de tofu préférée”, s’amuse l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Et pour cause : en Allemagne, “c’est la pénurie de tofu”, signale le quotidien régional Rheinische Post.

Outre-Rhin, “le tofu est plus populaire que jamais”, indique Der Spiegel. Car comme le souligne Jan Wirsam, professeur de gestion de l’innovation à l’université des sciences appliquées de Berlin, le tofu reste “considéré comme un aliment de base naturel et riche en protéines”, à la différence de certains produits alternatifs à la viande ultratransformés, dont la production allemande a baissé.

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Portée par les réseaux sociaux, la popularité du tofu s’observe particulièrement chez les jeunes Allemands, en quête de denrées protéinées à prix accessible, et moins néfastes pour l’environnement. Et les distributeurs allemands comme Rewe le confirment : la demande “a doublé ces trois ou quatre dernières années”. Un constat partagé par d’autres enseignes allemandes, comme Aldi ou Kaufland, rapporte le Rheinische Post.

Une production insuffisante

Si les stocks de soja – produit en agriculture biologique en Allemagne, en Autriche et en France – sont suffisants, les capacités de production ne sont pas à la hauteur. “Le secteur n’est pas assez développé, et peut-être pas assez expérimenté, pour répondre à la hausse fulgurante de la demande”, pointe Der Spiegel. L’exemple de l’entreprise Taifun, “l’un des premiers producteurs de tofu allemands”, établie à Fribourg, est évocateur : ses 7 000 tonnes de tofu produites annuellement devraient être doublées pour satisfaire la demande.

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Cet objectif de croissance s’est vu compromis, fin 2025, par des aléas techniques. Le “décanteur” de l’usine Taifun, une machine de trois mètres de long et deux mètres de haut qui “presse quelque 100 litres de lait de soja à la minute, à l’aide d’une centrifugeuse”, est tombé en panne à plusieurs reprises, forçant l’entreprise à interrompre sa production, informe l’hebdomadaire allemand.

Pour assurer un approvisionnement suffisant, “une nouvelle ligne de production et un nouveau silo à soja” seront construits, cette année, “dans l’usine de Fribourg”, peut-on lire dans le Rheinische Post. Le fabricant de tofu berlinois Treiber Tofu prévoit également d’accroître sa production. Mais d’ici là, les amateurs de tofu vont devoir prendre leur mal en patience. Car selon un porte-parole de Rewe interrogé par les médias allemands, “la situation ne devrait pas s’améliorer avant la fin de l’année 2026, au plus tôt”.