Hichem Aboud ne tient jamais en place. Il réside à Roubaix (Nord), mais il s’absente souvent. Au Maroc, notamment, où il se sent « tranquille », confiait-il au Monde en mars. L’ancien agent de services algériens, 70 ans, contempteur du régime d’Alger avec ses vidéos au vitriol d’influenceur en exil, se sent menacé. Le danger, il le pressent notamment dans le va-et-vient de voitures qu’il juge suspectes devant son domicile roubaisien. Les véhicules, immatriculés en France ou en Belgique, stationnent longuement, ont des vitres fumées et, dit-il, « doivent être munis de caméras pour surveiller mes entrées et sorties ». Le 5 février 2025, Hichem Aboud était bien avisé d’avoir pris le large pour le Maroc. Un commando était venu de Villeurbanne (Métropole de Lyon) avec l’apparent projet de l’assassiner. Il a dû rentrer bredouille.
Hichem Aboud est un personnage sulfureux aux relations longtemps fluctuantes avec le régime d’Alger. Après avoir entamé une carrière de journaliste dans l’hebdomadaire El-Djeich, l’organe de l’état-major de l’armée algérienne, il est devenu à la fin des années 1980 le chef de cabinet du général Mohamed Betchine, le patron de la toute-puissante sécurité militaire. Ses relations avec les « services » dont il est un agent deviennent ensuite tumultueuses, le contraignant à l’exil à la fin des années 1990 en France, où il obtient le statut de réfugié politique.
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