Prise entre l’inflation persistante provoquée par la guerre au Moyen-Orient et la volonté de Donald Trump de voir les taux baisser, la Réserve fédérale américaine (Fed) a fait, mercredi 29 juillet, le choix de ne pas choisir, en maintenant ses taux inchangés. Le comité de politique monétaire (FOMC) a ainsi décidé de maintenir ses taux dans la fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %, pour la cinquième fois d’affilée.
Dans ses premières déclarations publiques, le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, avait réaffirmé que celle-ci serait concentrée sur le fait de ramener de la stabilité dans les prix, sans pour autant donner d’indication quant à la méthode envisagée. Un relèvement des taux aurait cependant représenté un cas de figure défavorable pour M. Trump qui a promis de faire baisser les prix comme les coûts d’emprunt. Et le FOMC a âprement discuté du sujet : trois de ses membres se sont même prononcés en faveur d’une telle décision.
« Resserrer sa politique monétaire »
L’un d’entre eux, Christopher Waller, a estimé mi-juillet que la Fed devait « se tenir prête à resserrer sa politique monétaire pour éviter une répétition de l’épisode d’inflation de 2020-2021 », durant la pandémie de Covid-19. Si M. Waller s’est finalement prononcé en faveur du statu quo, ce n’est pas le cas de ses collègues Beth Hammock, Lorie Logan et Neel Kashkari.
Avant de nommer Kevin Warsh – dont il ne cache pas attendre une politique monétaire plus accommodante – M. Trump a mené une campagne acharnée contre celui qui a occupé pendant huit ans son fauteuil, Jerome Powell.
Le président américain a maintenu la pression sur la Fed jusqu’au dernier moment, en assurant lundi que « le rapport sur l’inflation a été très bon », avec des « coûts qui baissent rapidement ». Suffisant à ses yeux pour justifier que « les taux devraient être abaissés ». Mais l’inflation est repartie à la hausse ces derniers mois, principalement du fait de la guerre au Moyen-Orient. En mai, l’indice de dépense de consommation des ménages (PCE), qui est privilégié par la Fed pour déterminer sa politique monétaire, atteignait 4,1 %, 0,3 point de plus qu’en avril et en hausse de 1,2 point depuis février.
Depuis, les prix de l’énergie, première cause du pic d’inflation, sont repartis à la baisse. Ils restent toutefois à un niveau bien plus élevé qu’en début d’année et très volatils. Les données du PCE de juin seront connues jeudi, au lendemain de la décision de la Fed.
De l’avis de la plupart des analystes, le fait que l’inflation soit liée à l’énergie explique qu’elle puisse être vue comme temporaire, et devrait inciter la majorité des votants du FOMC à faire preuve de patience. D’autant que le marché de l’emploi continue de montrer sa solidité. Le chômage reste faible (4,2 %) même si cela s’explique en partie par une baisse du taux de participation de la main-d’oeuvre, au plus bas depuis la pandémie de Covid.
M. Trump est d’ores et déjà prêt à faire porter la responsabilité d’une décision autre qu’une baisse des taux sur certains membres du FOMC, qu’il juge « particulièrement politisés ». « Je sais ce qu’il [Kevin Warsh] veut faire mais il a besoin de l’accord de certaines personnes qui peuvent avoir de mauvaises intentions », a affirmé lundi le président américain.