L’opération ne pouvait pas mieux tomber pour Orange. Juste après la fermeture de la Bourse, lundi 8 juin, le géant français des télécoms a annoncé avoir finalisé le rachat de 100 % du capital de l’opérateur espagnol MasOrange, qu’il détenait jusqu’alors en coentreprise, à 50/50, avec la société Lorca, contrôlée par les fonds KKR, Cinven et Providence. D’un montant de 4,25 milliards d’euros, cette acquisition, annoncée le 31 octobre 2025, ne constitue pas une surprise. Mais le timing de sa finalisation n’a, en revanche, rien d’anodin.
L’annonce intervient moins de deux jours après qu’Orange a signé un protocole d’accord, dans la nuit du 6 au 7 juin, pour racheter conjointement SFR avec ses rivaux Bouygues Telecom et Free, pour plus de 20 milliards d’euros. Elle pourrait favoriser l’examen de cette opération par l’Autorité de la concurrence (ADLC), à Paris, jugée plus accommodante que l’antitrust à Bruxelles par certains acteurs du dossier.
Ce timing permet, en effet, à Orange d’envoyer son dossier à l’ADLC puisque à la signature du protocole d’accord pour racheter SFR, il réalisait encore plus des deux tiers de son chiffre d’affaires total dans l’Union européenne sur le seul marché français. Cela n’aurait pas été le cas si l’acquisition de MasOrange était survenue avant : l’opérateur historique aurait alors été contraint de consolider ses activités espagnoles dans ses comptes, et par conséquent de notifier sa part du rachat de SFR à la direction générale de la concurrence, qui dépend de la Commission européenne, à Bruxelles.
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