A Ankara, une certaine hubris semble s’être emparée des esprits, à en croire la file de visages ravis qui entourent chacune des apparitions du président Recep Tayyip Erdogan. Depuis plusieurs semaines, alors que le pays traverse une de ses pires crises politiques, marquée par les arrestations et les procès interminables d’élus de l’opposition, le président turc, hôte du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), qui se tient, mardi 7 et mercredi 8 juillet, à Ankara, jouit, sur la scène internationale, d’attentions et d’égards aux airs d’état de grâce.
Les médias du monde entier répètent à l’envi le rôle de la Turquie comme puissance régionale, pivot et intermédiaire entre les Etats-Unis et l’Europe. Les capitales du Vieux Continent, elles, espèrent et prient pour un sommet sans éclat, se retrouvant dans l’inconfortable position de compter sur M. Erdogan pour y parvenir.
Le président turc n’en finit plus de vanter le rôle indispensable de son pays auprès de ses partenaires occidentaux. En juin, il a ainsi résumé d’une formule saisissante la montée en puissance de l’industrie de défense turque dans un monde de plus en plus chaotique : « Ce que nous faisions en un an, nous le faisons désormais en une semaine. » Quelques jours plus tard, il a décrit la Turquie comme « un allié fiable », assurant que son pays œuvrait pour que ce sommet d’Ankara « soit un moment marquant de l’histoire de l’OTAN ».
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