Mode. Les 80 ans du bikini, la “première bombe anatomique”
“Quatre triangles de tissu : deux en bas, deux en haut.” Chaque été, sur les plages ensoleillées, le bikini fait parler de lui.
L'année 2026 marque les 80 ans de ce maillot de bain, présenté pour la première fois “le 5 juillet 1946, à la piscine Molitor”, dans le 16e arrondissement parisien, retrace le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.
Louis Réard, “un ingénieur qui avait dû prendre la direction de la boutique de sous-vêtements de sa mère, après la guerre”, en serait l’inventeur.
Son slogan ? “Le bikini, la première bombe anatomique.”
“Un coup de génie marketing, qui faisait référence aux essais nucléaires américains de l’époque”, souligne le quotidien allemand.
Parmi les premières à l’essayer, Micheline Bernardini, danseuse au Casino de Paris.
Un bikini “à motif de papier journal, car le projet était vraiment une info en soi”, s’amuse la journaliste Julia Werner.
Porter un bikini, c’est avoir le goût du risque. Car celle qui l’adopte s’expose aux “regards masculins, aux grandes vagues de l’Atlantique, aux coups de soleil, et aux cystites”.
Sans compter les “tentatives d’interdiction” qui ont rapidement émergé, “dans les pays catholiques méditerranéens”.
Porté par l’actrice Ursula Andress dans le film James Bond 007 contre Dr No (1962), le bikini devient “synonyme de sensualité”.
Mais hier, tout comme aujourd’hui, il a toujours été “l’instrument du patriarcat pour mesurer la féminité”, écrit Julia Werner.
En témoignent les couvertures de magazines féminins des années 1990 qui, “au plus tard après Noël”, titraient “Silhouette bikini !”, incitant les jeunes femmes à s’affamer avant l’été.
Puis, dans les années 2000, le tri a été opéré par les agences de mannequinat. “Les minces avaient droit aux podiums internationaux, celles qui avaient des courbes aux publicités pour des maillots de bain”, détaille la Süddeutsche Zeitung.
Si “le bikini, y compris dans sa forme micro, était très souvent ostensiblement exposé sur des corps féminins corpulents, au plus fort du récent mouvement body positivisme, cette réalité appartient désormais au passé”, regrette la journaliste.
Car de nombreux “stars et influenceuses obèses” ont délaissé leur “mantra”, avec “l’arrivée sur le marché des analogues du GLP-1, comme l’Ozempic”.
“Le corps bikinid’aujourd’huine vise plusà attirerles regards.”
La journaliste Julia Werner dans le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung
Le bikini n’est plus un moyen d’atteindre un corps “parfait” : il ne fait que préserver un corps déjà “optimisé” toute l’année, grâce à “un apport suffisant en protéines” et à “un entraînement musculaire” régulier.
Dans cette optique, “autant opter pour un tee-shirt anti-UV”, ironise la journaliste.
Car, à la différence du bikini, “un tissu UPF 50 + bloque 98 % des rayons UV. Adieu la crème solaire, le vieillissement de la peau et le risque de cancer”.
De plus, avec un tee-shirt anti-UV, “on peut faire du yoga sur la plage, manger des noix et méditer sur sa flore vaginale vierge, mais super saine”, plaisante Julia Werner.
Avec ou sans bikini dernier cri, au fond, l’essentiel est ailleurs.
Comme le rappelle Julia Werner, en ce début d’été : “Tout le monde mérite de flotter dans l’eau salée.”
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