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Pendant soixante-cinq ans, de 1494 à 1559, cinq rois de France se succèdent dans la même obsession : conquérir l’Italie.
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Ils y gagnent Marignan et quelques années de gloire. Ils en reviennent avec la Renaissance.
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Le traité de Cateau-Cambrésis leur prend tout le reste.
Pourquoi l’Italie ?
Pour comprendre les guerres d’Italie, il faut d’abord comprendre ce qu’est la péninsule à la fin du XVe siècle. Non pas un État, ni même une nation — un archipel de puissances rivales, chacune souveraine, chacune brillante, chacune dangereuse pour ses voisines. Florence sous Laurent de Médicis, Venise la Sérénissime, Milan sous les Visconti puis les Sforza, le royaume de Naples sous les Aragon, l’État pontifical sous des papes qui sont autant des princes que des pasteurs : cinq grandes puissances et une constellation de petites, maintenues dans un équilibre instable par la Paix de Lodi de 1454.
Cet équilibre, les Italiens l’ont inventé. La diplomatie moderne — ambassades permanentes, traités bilatéraux, jeux d’alliance — naît dans cette Italie du Quattrocento, précisément parce que la survie de chaque État en dépend. Mais cet équilibre est fragile. Il suffit qu’un acteur extérieur s’y introduise pour que tout s’effondre.
La France a plusieurs raisons de regarder vers le sud. Des raisons dynastiques d’abord : la maison d’Anjou, dont les Valois sont les héritiers, a longtemps régné sur Naples. La maison d’Orléans, dont Louis XII est issu, descend de Valentine Visconti et revendique Milan. Ces droits sont anciens, discutables, souvent fictifs — mais dans la culture politique de la Renaissance, la légitimité dynastique est une monnaie réelle.
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