Un seul bout du monde ne suffisait pas aux Romains, il leur en fallait deux. Le premier était le Finisterre (Fisterra) de Galice, en Hispanie, la “fin des terres” connues en Europe jusqu’à la découverte des Amériques. Le second finis terrae était, quant à lui, situé à l’extrémité occidentale de la Gaule. C’est aujourd’hui le Finistère, un département français tout à fait dans l’ouest de la Bretagne. Comme son pendant galicien, ce Finistère breton est une terre celtique aux ciels couverts et à la longue tradition maritime, une terre d’estuaires, de marées, de fruits de mer à foison (ici, les huîtres sont reines), où l’éloignement de la capitale a fait naître une identité forte.
Je connais parfaitement ce coin de France à l’âme sauvage, avec ses falaises et ses phares, une région aux prises avec l’océan, bien éloignée du raffinement parisien. Je veux ici explorer avec vous une partie de sa côte nord que l’on appelle la côte des Légendes, où le littoral n’offre pas le même paysage de hautes falaises que les Côtes-d’Armor ou la péninsule de Crozon. Sur la côte des Légendes, la frontière est floue entre l’herbe souple des prés verts et le sable fin des plages blanches, et la marée lèche inlassablement de grands blocs de granit arrondis qui, sur des kilomètres, se succèdent comme si u
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Comment je me suis laissé séduire par la Bretagne
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