Pourquoi Abdul Ballout, l’auteur présumé de l’attentat terroriste du 25 juillet contre la Marche des fiertés, dans le parc du Tiergarten, à Berlin, était-il encore en liberté ? Comment cet homme de 21 ans, citoyen allemand d’origine libanaise, identifié comme islamiste radicalisé par les services de police, n’a-t-il pas été empêché de préparer son attaque funeste contre la communauté LGBT + ? L’attentat a coûté la vie à une Polonaise de 65 ans et fait 31 blessés, selon le dernier bilan, mardi 28 juillet.
Trois jours après le drame, ces questions taraudent le débat public, alors que de nouveaux détails sur les failles de la justice et de la police ont été mis au jour. Mardi, les enquêteurs ont confirmé avoir retrouvé le portable d’Abdul Ballout, dans lequel il se filme en train de revendiquer l’attentat du Tiergarten et son attachement à l’organisation Etat islamique (EI). En fin d’après-midi, l’hebdomadaire Die Zeit a révélé que deux de ses cousins étaient des combattants de l’EI qui avaient été en contact avec lui. L’un d’eux est décédé dans les rangs de l’organisation djihadiste. Selon le journal, qui cite des informations des enquêteurs libanais transmises à leurs collègues allemands, il s’agirait des fils de la tante d’Abdul Ballout, Hanan, la sœur de son père. Elle-même est mariée avec Omar Bakri Fustuq, une figure du djihadisme international, connu sous le nom d’Omar Bakri Muhammad.
Depuis qu’Abdul Ballout a été abattu par les forces de l’ordre, dimanche soir, dans le quartier de Spandau, les appels à la fermeté se multiplient parmi les responsables politiques, dans un contexte de campagne électorale où l’extrême droite est à un niveau historiquement élevé dans les sondages. En septembre, trois Länder de l’est (Berlin, Saxe-Anhalt et Mecklembourg-Poméranie-Occidentale) renouvellent leur parlement.
« Je n’arrive pas à comprendre qu’à tout endroit du monde je puisse localiser mon téléphone portable (…), mais que les services de sécurité en Allemagne ne soient apparemment pas en mesure de localiser des individus dangereux », s’est ému le chancelier Friedrich Merz lors d’une conférence de presse, lundi après-midi, assurant que des changements législatifs seraient discutés au sein de son cabinet. Après lui, le ministre de l’intérieur, Alexander Dobrindt, a annoncé à la presse des mesures de fermeté, avec notamment un recours renforcé aux bracelets électroniques pour les individus jugés dangereux.
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