Laurent Gannac a peu de temps. Il enfonce son chapeau de paille sur son visage alors que le soleil de février perce à travers la couche de nuages. Laurent Gannac, 62 ans, est jardinier paysagiste. De bonne stature, la barbe poivre et sel et la nuque brunie par le soleil, il m’adresse un regard amical malgré son empressement.

“Fais un tour dans le jardin, après on discutera. Mais je n’ai que quinze minutes”, dit-il avant de disparaître parmi les citronniers, dont les fruits brillent telles de grosses pépites d’or au milieu d’un feuillage vert foncé.

La vue est belle depuis la pépinière. Je regarde par-delà les cimes des citronniers et des orangers, vers les versants verdoyants. En bas, au loin, apparaît la baie de Garavan. Derrière scintillent les eaux de la Méditerranée.

À Menton, dans cette petite baie de la Côte d’Azur qui se niche entre Monaco et l’Italie, toute la vie tourne autour du citron – depuis des siècles. C’est même ici, dit-on, que poussent les citrons les plus sucrés du monde. Aussi chaque année au mois de février, Menton célèbre la Fête du citron, qui attire 200 000 personnes. Cette année, j’en suis.

Mais un citron peut-il vraiment être sucré ? Et comment fait-on pour obtenir pareille merveille ? C’est précisément ce que je veux demander à Laurent Gannac, un des g