Créée en 1600 par une charte royale de la reine Élisabeth Ire qui lui accordait le monopole du commerce dans l’océan Indien, la Compagnie des Indes orientales (East India Company, EIC) devient une puissance mondiale bâtie sur les ruines de l’Empire moghol. [Un siècle et demi plus tard,] c’est la politique menée par l’EIC pendant la guerre de Sept Ans qui explique comment nombre d’Indiens en étaient arrivés à “devoir recevoir [des] ordres d’une poignée de marchands qui n’ont même pas appris à se laver les fesses”, ainsi que le déplore un fonctionnaire d’un Grand Moghol impuissant.
À Plassey, en 1757, l’armée privée de la compagnie, composée d’officiers britanniques et de mercenaires locaux, bat les troupes du gouverneur des Moghols, de facto indépendant, et réussit ainsi à prendre définitivement le contrôle du riche Bengale. L’Inde sera soumise en usant de violence, en exploitant les divisions entre les princes indiens et avec le soutien de l’État britannique.
Un roi allié des Français
Ce n’est sans doute pas un hasard si les adversaires les plus acharnés de la compagnie sont des militaires ambitieux, et non des membres de l’élite traditionnelle de l’Empire moghol. Au départ simple soldat du royaume de Mysore, Haidar Ali (1721-1782), descendant d’immigrants arabes, gravit les éch
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En Inde, l’histoire utilisée comme “arme” par les nationalistes hindous
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