Sadiki Patrick, 40 ans, est encore sous le choc après la mort de sa fille de 15 ans, survenue à Mongbwalu, une ville minière de l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Judith est l’une des toutes dernières victimes d’Ebola dans un pays encore confronté à une épidémie, la dix-septième en cinquante ans.

“C’est déchirant de perdre son troisième enfant, si jeune”, se lamente Patrick, dont le prénom a été changé pour préserver son identité. “Je l’avais envoyée à l’école pour qu’elle soit instruite et devienne quelqu’un d’utile à la société. Mais maintenant, c’est du passé”, dit-il, la voix brisée par le chagrin.

L’homme décrit la situation sur place comme désastreuse, accusant les autorités de ne pas agir assez rapidement pour contenir l’épidémie avant qu’elle ne se propage.

D’après les autorités congolaises, c’est à Mongbwalu que les premiers cas de la nouvelle épidémie d’Ebola ont été signalés. Les habitants racontent que des morts surviennent tous les jours dans cette ville, tandis que les services de santé locaux sont débordés.

Francine Mbona Pendeza, une médecin congolaise qui a participé à la lutte contre Ebola dans la province du Nord-Kivu entre 2018 et 2020, explique que les pratiques alimentaires peu sûres, l’accès limité à l’eau potable et les lacunes du système