C’est une tendance à la hausse : selon The Washington Post, “un nombre croissant d’Américains se tournent désormais vers l’étranger” pour entamer un parcours de procréation médicalement assistée (PMA). Leur objectif : “éviter le coût exorbitant des traitements contre l’infertilité aux États-Unis, qui sont rarement pris en charge par les mutuelles”.
Le quotidien américain cite notamment le coût de la fécondation in vitro (FIV). En douze ans, son tarif a augmenté de 90 %, souligne le Washington Post, et atteint 29 000 dollars (25 000 euros) en moyenne par cycle, soit environ 35 % du revenu annuel médian d’un ménage. “Or une patiente a généralement besoin de deux à trois cycles pour concevoir un enfant”, rappelle le journal de la capitale fédérale. “Le coût total est donc bien plus élevé pour beaucoup d’entre elles.”
Pour concevoir sans se ruiner, de plus en plus d’Américains se rendent donc à l’étranger, et notamment en Europe. L’Espagne mais aussi la Grèce, qui pratiquent des tarifs particulièrement bas, figurent parmi les destinations les plus prisées. Emilie et Justin Salomon, un couple d’Américains cité par le Washington Post, affirment ainsi avoir dépensé 12 000 dollars (10 000 euros) pour leur FIV en Grèce. “Même avec le coût du voyage, cela reste bien moins cher que dans leur pays d’origine”, souligne le quotidien américain.
Mais les patients américains affirment également choisir le pays méditerranéen pour son “bon suivi médical” et ses paysages idylliques. Lors de leur premier voyage en Grèce, Emilie et Justin Salomon ont, comme beaucoup d’autres Américains venus pour une FIV, “exploré l’île grecque de Milos entre deux rendez-vous médicaux”, rapporte le quotidien de la capitale états-unienne. La jeune femme confie même que ce fut “l’un des meilleurs étés” de sa vie.
Des “séjours PMA”
Résultat : “le nombre d’Américains ayant opté pour des cliniques européennes a augmenté de plus de 37 % en 2025”, constate Jakub Dejewski, président de Société européenne de fertilité, un organisme qui collecte des données sur les traitements de fertilité en Europe. L’engouement est tel qu’à Athènes, des cliniques privées proposent même à leurs patients étrangers des véritables “séjours PMA”, mêlant traitements médicaux et découverte du pays.
“Les Américains choisissent la Grèce parce qu’ils peuvent accéder à des soins plus abordables, plus rapides à mettre en place et bénéficiant d’un bon accompagnement pour les patients internationaux”, résume également Dejewski.
Mais le Vieux Continent n’est pas la seule destination : la Barbade, ou même certains pays d’Amérique du Sud, comme la Colombie, voient également affluer de nombreux Américains avec des problèmes de fertilité. À Bogota, certaines cliniques confient que les Américains représentent désormais 15 % de leur clientèle, rapporte CBS News. Il faut dire “qu’un forfait de quatre cycles de FIV en Colombie coûte en moyenne 11 000 dollars [9 500 euros], contre environ 60 000 dollars [51 000 euros] aux États-Unis”, précise la chaîne américaine.
De son côté, Donald Trump, qui a fait de la fertilité “une priorité de son administration”, comme le rappelle le Washington Post, a promis de rendre la FIV plus accessible dans son pays. En février, il a notamment lancé TrumpRx, une plateforme qui propose des médicaments, y compris pour la FIV, a des tarifs réduits. Une mesure significative, mais qui reste encore insuffisante pour démocratiser ce traitement auprès des 7 millions d’Américains souffrant d’infertilité.
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