Le lundi 4 mai 2026, le gouvernement de facto haïtien, par l’intermédiaire du ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, a annoncé, lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux du Fonds d’assistance économique et sociale (FAES) à Delmas, qu’il avait augmenté de 46 % le salaire minimum journalier pour le secteur de la sous-traitance.
C’est désormais la somme de 1 000 gourdes pour 8 heures de travail par jour que l’État a choisi d’allouer aux travailleurs. Compte tenu du taux d’inflation, peut-on vraiment qualifier cela d’augmentation de salaire ?
Au cours de cette réunion, plusieurs personnalités étaient présentes, telles que le ministre par intérim des Affaires sociales et du Travail (MAST), Marc Elie Nelson, la ministre de la Planification, Sandra Paulemon, et le directeur général du FAES, Kesner Romilus ; ils étaient tous venus soutenir le gouvernement du Premier ministre Alix-Didier Fils-Aimé, qui les avait nommés à des postes au sein de l’appareil d’État.

Depuis 2023, les salaires sont restés inchangés, tandis que le coût de la vie n’a cessé de grimper. Dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, les travailleurs du Parc industriel (SONAPI) ont manifesté, tout comme les travailleurs de la Compagnie de développement industriel (CODEVI) à Ouanaminthe (Nord-Est), réclamant 2 500 gourdes avant l’augmentation du prix de l’essence par l’État, et 3 000 gourdes après la hausse du prix des produits pétroliers. Passer de 625 à 1 000 gourdes pour une journée de travail ne changera absolument rien aux conditions de vie des travailleurs.

Après une semaine de discussions, les syndicats devraient accepter ces 1 000 gourdes, car cet État exploiteur — qui défend les intérêts de la bourgeoisie — avait initialement proposé une somme comprise entre 810 et 950 gourdes. Pour apaiser la population — recourant à une manœuvre de diversion — le gouvernement annoncé qu’il mettrait à disposition une enveloppe de 625 millions de gourdes afin de soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs au cours des cinq derniers mois de l’exercice fiscal 2025-2026.
Le ministre ment avec un tel aplomb qu’il est incapable de préciser les modalités de répartition de cette somme. Ce n’est pas la première fois que les dirigeants se moquent de la population en lui faisant de fausses promesses, alors même que leurs propres affaires prospèrent.

L’État n’a pas l’argent nécessaire pour augmenter convenablement les salaires des travailleurs, mais il a trouvé plusieurs millions de dollars à investir, pour une cinquantaine d’années environ, dans des mercenaires américains chargés d’assurer une prétendue sécurité.

Pour rappel, le salaire minimum varie selon les secteurs d’activité. Depuis 2022, il oscille entre 350 gourdes pour le personnel domestique et 770 gourdes pour certains travailleurs de l’industrie. D’autres catégories sont fixées à 615 gourdes pour le personnel de soutien, 540 gourdes pour les petites entreprises et 685 gourdes pour les industries d’assemblage destinées à l’exportation.
C’est un salaire minimum qui laissera toujours les travailleurs de la sous-traitance affamés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !