Cofondateur de Gojek, l’“Uber indonésien” et la première licorne du pays, Nadiem Makarim était devenu, à 35 ans, le plus jeune ministre de l’Éducation sous la présidence de Joko Widodo. Mais, le 30 juin, le tribunal anticorruption de Jakarta l’a condamné à dix ans de prison pour “abus d’autorité ayant causé un préjudice financier à l’État”.

Nadiem est reconnu coupable d’avoir favorisé Google lors de l’attribution d’un marché public pour l’achat d’ordinateurs Chromebook, destinés à l’enseignement à distance pendant la pandémie de Covid-19, alors qu’il était ministre. Selon l’accusation, ce contrat aurait constitué une forme de contrepartie aux investissements réalisés par Google dans Gojek plusieurs années auparavant. Une décision qui aurait entraîné des pertes pour l’État estimées à plus de 80 millions d’euros, une somme astronomique qui, selon Times Indonesia, lui serait imputée sur la base d’un “ensemble de suppositions plutôt que d’une véritable chaîne de preuves”.

Si le tribunal n’a pas retenu d’enrichissement personnel de l’entrepreneur, il l’a tout de même condamné à verser une amende de 50 000 euros et à restituer l’équivalent de 45 millions d’euros (809 milliards de roupies) dans un délai d’un mois, sans quoi il devra purger cinq années de prison supplémentaires. Une som